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DOSSIER : EMPLOI
En attendant la reprise
Le diplôme, sésame pour l'emploi ?

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Maïté Sélignan, 03 mars 2005
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2005 marquera-t-il le retour de l'emploi pour les diplômés de 3es cycles ? « Pas vraiment », s'accordent à dire les recruteurs. Si certains métiers sont particulièrement recherchés, il reste toujours difficile de décrocher un premier travail.

55 % des diplômés en commerce, 51 % des ingénieurs et 48 % (hors IUFM) des diplômés des universités en 2003 ont trouvé du travail en 2004. A peine plus de la moitié, donc, près de 10 mois après l'obtention du diplôme. C'est le constat qu'a fait l'Apec, l'Agence pour l'emploi des cadres, d'après une étude réalisée sur 2 000 diplômés. La faute à une conjoncture difficile mais aussi aux illusions des jeunes diplômés sur ce qui les attend à la sortie des études.

Selon l'étude de l'Apec, les jeunes sont souvent trop exigeants. Ils refusent parfois des emplois dont ils jugent la mission peu intéressante, dénigrent les statuts non-cadres et tombent des nues en découvrant les réalités d'un premier bulletin de salaire. Toujours selon l'Apec, ces mêmes jeunes revoient leurs exigences à la baisse lorsque le temps de recherche de travail s'allonge...

La conjoncture n'arrange pas les choses. Laure Pitot, consultante chez RCBF, explique la situation : « Le marché du travail est assez difficile pour les bacs + 5. Il faut environ six mois pour trouver un premier emploi. Les jeunes diplômés se voient proposer beaucoup de stages mais pas de travail. »

Pour les diplômés qui ont fait tout leur cursus à l'université, le bac + 5 reste un passage obligé

Entre la mise en place du LMD et la morosité économique, les étudiants retardent de plus en plus leur entrée dans la vie active. Par conséquent, sont-ils de plus en plus nombreux à décrocher un 3e cycle ? Les avis divergent. Dans les faits, les diplômés à bac + 5 se tournent parfois vers des offres qui, au départ, ne leur sont pas destinées : « Les entreprises recrutent de plus en plus de 3es cycles, raconte Laure Pitot, mais pas parce qu'ils sont plus nombreux sur le marché. C'est surtout parce qu'ils postulent à des offres à l'origine destinées à des bacs + 2 ou 3. A salaire égal, les entreprises préfèrent prendre des personnes plus qualifiées. »

Le 3e cycle est-il donc devenu indispensable ? Oui, disent les recruteurs mais uniquement pour les emplois cadres et dans certains secteurs comme les ressources humaines. Les diplômés qui ont fait tout leur cursus à l'université auront du mal à se faire embaucher à bac + 4. Pour eux, le bac + 5 reste un passage obligé. Pour les ingénieurs ou les commerciaux, un 3e cycle peut apporter une double compétence ou des connaissances approfondies intéressantes pour les entreprises. Certains profils à double compétence sont d'ailleurs particulièrement recherchés, comme les technico-commerciaux. En revanche, le marketing ne recrute presque plus.

Selon l'Apec, « le diplôme prend une importance considérable pour le jeune, alors que les attentes des entreprises se portent davantage sur la motivation et la connaissance du secteur d'activité ». D'ailleurs, la plupart des recruteurs ne font pas vraiment la différence entre les diverses appellations de 3es cycles : Masters, Mastères spécialisés, DESS, DEA, 3es cycles d'écoles, labels et accréditations, tout cela reste assez confus pour l'entreprise. Les recruteurs sauront reconnaître un nom d'école ou d'université prestigieux. Pour le reste, c'est plutôt sur le paragraphe « Expériences professionnelles » qu'ils jugeront un CV. « Ce qui fera la différence, c'est le stage », rappelle Laure Pitot. « Nous préférons un stage significatif dans le domaine dans lequel le jeune cherche du travail plutôt que plusieurs stages de trois mois dans des domaines variés. La motivation est aussi très importante. Pour trouver du travail aujourd'hui, il faut en vouloir. Et puis surtout, il ne faut pas se laisser aller au niveau de l'attitude, du vocabulaire. Trouver des gens qui parlent correctement, qui savent s'adresser aux gens, c'est difficile ». Rachel Reynaud, consultante chez X-Y, précise que la donne n'est pas tout à fait la même selon la taille de l'entreprise : « Une PME sera plus sensible à l'expérience parce qu'elle aura besoin de quelqu'un d'opérationnel tout de suite. A l'inverse, un grand groupe aura les moyens d'intégrer les jeunes diplômés et de les former. Ils peuvent donc se permettre de regarder le type de formation. »

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