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Avant de créer votre «assos», il faut bien prendre en compte toutes les règles juridiques.
Crédit photo : (Photo P. Delort/Le Figaro.)
 

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- Soirées étudiantes, mode d'emploi

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Focus association
Le b.a.-ba de la création d'association
Nos bons conseils

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Maya Dujardin , 13 avril 2005
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Vous ne trouvez pas votre bonheur parmi les associations de votre école ou de votre fac ? Vous songez sérieusement à en fonder une ? C'est tout à fait possible. Encore faut-il connaître les règles de base qui vous permettront de mener à bien votre projet.

Une association étudiante se crée selon les mêmes dispositions qu'une association dite de loi 1901. L'article Ier de la loi sur la liberté d'association définit cette dernière comme «la convention pour laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d'une façon permanente, leurs connaissances ou leurs activités dans un but autre que de partager les bénéfices». Cette législation offre la plus grande liberté en ce qui concerne les buts, la composition et le fonctionnement de l'association.

– Si vous avez déjà une idée, assurez-vous que vous la cernez bien. Prenez le temps de la définir et d'en prévoir le mode d'organisation.

– Une fois ce travail préliminaire effectué, organisez une réunion constitutive pour discuter et approuver les statuts de l'association. Ces derniers fixent son nom, son objet et son siège social, les catégories de membres, les conditions d'admission et les règles du conseil d'administration (ainsi que sa composition et les conditions d'élection de ses membres). Ils précisent aussi la composition et le rôle de l'assemblée générale, les modalités de constitution du bureau et celles de sa dissolution.

– Rendez-vous ensuite à la préfecture de police de votre ville pour y déposer la déclaration de constitution de l'association. Il faut savoir que les associations à but non lucratif peuvent se former librement, sans autorisation ni déclaration préalable. Toutefois, une association doit être déclarée pour exister légalement, demander des subventions, soutenir une action en justice, acheter ou vendre en son nom. Cette démarche est gratuite et le délai est d'environ cinq jours.

Plusieurs documents vous seront demandés :

1. La déclaration. Elle doit être rédigée en deux exemplaires (un original et une photocopie) sur papier libre. Elle doit mentionner le titre de l'association, l'objet, l'adresse du siège social et de ses établissements de même que la liste des personnes chargées à un titre quelconque de son administration et de sa direction (pour chacune des personnes, indiquer le nom, le prénom, la nationalité, la profession, le domicile complet et la fonction dans l'association). Cette déclaration doit être signée et datée par tous les membres du bureau.

2. Les statuts. Ils doivent être remis en deux exemplaires (original et photocopie), sur papier libre, datés et signés par un membre du bureau.

Il est impératif que les statuts de toute association soient mis à jour, notamment la composition du bureau. En cas de litige, de défaut de paiement ou d'un quelconque problème, les plaignants se retourneront systématiquement vers les personnes figurant au bureau de l'association, déclaré à la préfecture. Toute modification orale ou tout arrangement amical n'a aucune valeur juridique. Pensez donc à opérer ces changements aussi souvent que nécessaire.

3. Le formulaire fourni au guichet du bureau des associations, destiné à la publication au Journal officiel. Dès réception du récépissé constatant le dépôt de la déclaration de constitution, adressez un chèque à l'ordre de la direction des journaux officiels, 26, rue Desaix 75727 Paris Cedex 15, en joignant le coupon qui vous sera remis. Le prix de la déclaration est de 37,54 €. Pour toute modification, il vous sera demandé 27,03 €.

4. Une attestation justifiant l'établissement du siège social (accord écrit du propriétaire, du locataire ou du responsable des lieux ou copie du bail établi au nom de l'association, s'il y a lieu).

– Pour garantir les risques, pensez à souscrire une assurance. Des formules multirisques adaptées aux associations ont été mises en place. Elles garantissent à la fois les biens (en cas d'incendie, d'explosion, de dégât des eaux...) et les responsabilités de l'association. Les activités de ces dernières étant très variables, n'hésitez pas à prendre conseil auprès de votre assureur pour que les contrats soient adaptés à vos besoins. Le centre de documentation et d'information de l'assurance pourra répondre à toutes vos questions.

Préfecture de police de Paris, bureau des associations 9, bd du Palais 75195 Paris Cedex 04. Tél. : 01.53.71.40.18/19, du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures. CDIA (Centre de documentation et d'information de l'assurance) 26, bd Haussmann 75009 Paris. Tél. : 01.42.47.90.00 ou www.cdia.fr.

Soirées étudiantes, mode d'emploi
Quelles sont les démarches administratives à effectuer pour organiser une soirée ? Quelles sont les mesures de sécurité à ne surtout pas négliger ? Ou encore, comment optimiser au maximum sa communication ? Autant de questions qui viennent à l'esprit lorsqu'il s'agit de mettre sur pied un événement qui rassemblera des centaines d'étudiants autour du thème de la fête. Du concept de la soirée – open bar, gala habillé, soirée ouverte à tous les étudiants ou seulement à ceux de l'école – au type de financement en passant par le plan de communication, les formules proposées sont multiples et demandent une certaine faculté d'adaptation. Cependant, certains aspects de logistique ne sauraient être écartés. Il vous faudra, en effet, si vous désirez organiser une soirée dans une salle autre qu'une discothèque, obtenir certaines autorisations :

– doyen et président de l'université (ou de l'école) pour l'utilisation d'un débit temporaire de boissons ;

– mairie et préfecture pour l'ouverture tardive (officiellement 3 heures du matin) ;

– déclaration de la manifestation à la police avec demande éventuelle de passage lors de la soirée.

  • LA MUSIQUE. Une soirée sans musique ? Peut-être sur une autre planète. Dans ce cas, faites une demande auprès de la Sacem, la société de gestion collective des droits d'auteur pour la musique.

    – Demandez un dossier et retournez-le cinq jours avant la manifestation ;

    – dix jours après la manifestation, renvoyez le dossier d'état des recettes et des dépenses ainsi que le programme exact des oeuvres jouées ou diffusées, ou bien l'attestation de séance. Il est à noter que la Sacem est représentée régionalement ;

    – la part à reversée à la Sacem est calculée selon les modalités suivantes : 8,8% des entrées et 4,4% des recettes boissons et autres. Il faut rajouter à cela la TVA, de 5,5%, et la Sécurité sociale des auteurs, à 1%.

  • LA SÉCURITÉ. En ce qui concerne la sécurité, l'organisation des soirées étudiantes obéit à la loi dite «Un agent pour cent personnes». Si vous avez l'intention de lancer un événement dans une salle neutre, il vous faudra certainement faire appel à une société privée. Pour les établissements de nuit, la sécurité est prise en charge par le lieu même. Il est cependant impératif d'établir un dossier pour la commission de sécurité. Il doit être remis quinze jours au moins avant la manifestation à l'attention du maire avec :

    – la nature de la manifestation et sa durée ;

    – la description précise de toutes les installations ;

    – les plans des lieux et la mention des portes utilisées pour les accès ;

    – le calcul des unités de passage ;

    – le calcul de la capacité d'accueil de la salle.

  • L'ALCOOL. Sans alcool, la fête est plus folle ? Ce slogan faisant peu autorité dans la population étudiante, s'offriront à vous plusieurs possibilités. Les boîtes de nuit et les discothèques détiennent la licence. Toutefois, s'il s'agit de mettre en place une soirée dans un lieu autre, une licence de débit temporaire de boissons est indispensable. Elle permet de vendre de façon exceptionnelle pour une manifestation les boissons alcoolisées selon une répartition bien définie :

    – groupe I : boissons sans alcool ;

    – groupe II : boissons alcoolisées (boissons fermentées non distillées) ;

    – groupe III : vins doux ;

    – groupe IV : rhums, tafia, alcools distillés, liqueurs édulcorées ;

    – groupe V : autres boissons alcoolisées.

    Demandez la licence à votre mairie. Une fois complétée et envoyée, la mairie vous retourne l'autorisation. Vous devez ensuite vous rendre aux douanes pour acheter la licence.

  • LA SALLE. Maintenant, trouver la salle. A titre indicatif :

    – La Loco, boulevard de Clichy, dans le XVIIIe. Un soir de semaine, location des trois étages (1 800 personnes) : 7 500 €. Pour un vendredi soir, location d'une salle (500 personnes) personnel compris (ingénieurs lumière, sécurité...) : 3 500 €.

    – Le Wagg, rue Mazarine, dans le VIe. Location pour un soir de la semaine (400 personnes) : 3 500 €.

    – Chez Régine, le lundi et le mardi : 5 000 €. Le mercredi : 6 000 €.

    Autres conseils pratiques : il est bien de faire en sorte que 40 à 60% de l'effectif de la salle couvrent le budget de la soirée. En matière de planning, les gros événements se préparent trois à quatre mois à l'avance. Pour les événements de plus faible envergure, un mois est suffisant. Surtout, pensez à ne pas empiéter sur des vacances, des week-ends prolongés, des partiels ou des soirées concurrentes. Concernant la communication, au-delà des moyens classiques (flyers, tracts, affiches, sites Internet...), il est souvent intéressant de passer par la presse. De la presse spécialisée (Le Figaro étudiant, par exemple) aux différents gratuits (Métro, 20 Minutes), votre démarche se traduira par de l'espace dans le journal en échange de visibilité du logo sur vos supports de communication.

    Sacem, 225, av. Charles-de-Gaulle 92528 Neuilly-sur-Seine Cedex. Tél. : 01.47.15.47.15 ou www.sacem.fr.

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