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Focus association
Deux étudiants en agronomie organisent un projet en Amérique latine
Les conquistadors du développement durable

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Ava Djamshidi, 01 mars 2006
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De l’agronomie au développement durable, il n’y a qu’un pas. Dorothée Meyer et Christophe Berthelot, 21 ans, s’apprêtent à le franchir. Ils vont suspendre leur cursus scolaire pendant un an pour partir en Amérique du Sud et mettre en œuvre la première initiative de Développement durable et indigènes (DDI), l’association qu’ils ont fondée.

Dorothée et Christophe se sont rencontrés sur les bancs d’une prépa bio. Ils sont aujourd’hui étudiants en agronomie. Lui à l’Inapg, à Paris. Elle à l’Enseia, à Nancy. Pendant ces années de dur labeur, « nous essayions de nous projeter vers l’avenir pour penser à autre chose », raconte Christophe. Ils rêvent d’ailleurs, d’Amérique du Sud en particulier. L’idée d’une escapade touristique ne les emballe pas. Pour eux, voyager, ce n’est certainement pas « acheter trois babioles au marché du coin, faire deux photos à côté des autochtones et repartir sans se demander qui ils sont et comment ils vivent, précise Christophe. A 18 ans, on dit aimer les voyages et la nature, à 20 ans, on prend un peu plus conscience des réalités qui nous entourent et des difficultés que connaissent certains peuples ».

Après leur classe prépa, leur projet prend forme. Ils décident de créer l’association Développement durable et indigènes (DDI). Indigène ? Le terme peut déranger avec ses relents colonialistes. Mais selon Christophe, « il s’agit juste d’une façon de mettre l’accent sur les cultures traditionnelles ». En effet, l’objectif de l’association est de comprendre comment vivent des populations autochtones sud-américaines, déterminer quels sont leurs modes de vie mais surtout quels sont leurs projets de développement. Ils voudraient résoudre une équation complexe : comment préserver ces traditions tout en s’insérant dans le système économique mondial ? D’où leur attention aux thèmes du développement agricole, du commerce équitable et de l’écotourisme.

La première initiative de DDI devrait commencer en août. Pendant un an, Dorothée et Christophe vont sillonner le Chili, l’Argentine, la Bolivie, le Pérou et l’Equateur pour étudier différents projets de développement durable, rencontrer des Amérindiens et aider des associations. En contact avec de nombreuses organisations, ils se sont engagés à effectuer plusieurs missions. Leurs compétences en agronomie sont autant d’atouts qui attirent les associations latino-américaines. A Cusi Cusi, un village du Nord de l’Argentine, ils prendront part à la réalisation d’un site écotouristique. Pour l’association Echoway, ils évalueront des sites touristiques en vérifiant s’ils répondent aux valeurs du tourisme équitable, c’est-à-dire du tourisme « responsable ». Ils réaliseront également un reportage pour l’association française Ayllu, dont l’action est de promouvoir l’artisanat péruvien. Au total, ils prendront part à une dizaine de missions durant leur périple. De plus, dès leur retour en France, ils prévoient d’organiser des rencontres pour rendre compte de ce qu’ils auront vu, images à l’appui.

Aujourd’hui, Dorothée et Christophe essaient de rassembler les 24 500 euros nécessaires à la mise en œuvre de ce projet. Participation aux concours qui attribuent des bourses aux initiatives étudiantes, démarchage d’éventuels sponsors et recherche de partenaires, pour les deux étudiants, tous les moyens sont bons pour réunir cette somme. « De toutes façons, nous allons partir, quitte à nous endetter », affirme Christophe, déterminé. Cette initiative lui tient à cœur. Avec Dorothée, ils y consacrent tout leur temps, parfois même au détriment des cours. Ils voudraient « sensibiliser les occidentaux à voyager autrement, en intelligence avec l’environnement, la nature et les populations locales ». « Si nous arrivons, à notre toute petite échelle, à faire évoluer les mentalités et à faire connaître l’écotourisme, explique-t-il, je serais satisfait ».

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