Spécial Cadeaux
Sélection CD
Jamais sans ma musique
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Céline Fontana, 29 novembre 2006
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Petite sélection des meilleurs albums sortis depuis la rentrée. Au cas où ils vous aient échappé… Au cas où vous ne les ayez pas encore… Impossible en revanche de débuter 2007 sous de bons auspices sans eux !
Diwan 2, Rachid Taha (Barclay/Universal). Après Diwan et le fameux Ya Rayah qui fit le tour du monde, Rachid Taha plonge à nouveau dans ses racines. Dans Diwan 2, il revisite avec le même talent des chansons des années 50-60, parfois très kitsch, comme Ecoute-moi camarade. En fil d’Ariane de ses titres, en français ou en arabe, accompagné par l’orchestre du Caire et la mandole de Hakim Hamadouche, le même souffle rock qui a traversé toute l’œuvre de l’artiste. Et une furieuse envie de danser pour celui qui l’écoute.
Repenti, Renan Luce (Barclay/Universal). Breton, 26 ans, Renan Luce est un drôle d’oiseau qui a vite fait son nid dans la chanson française. Son talent d’écriture pointu, original et vif soutenu par une musique enlevée, emballe, du Lacrymal circus à La lettre. Son mafioso rangé des voitures (Repenti) semble tout droit sorti d’un polar de Benacquista. Le voisin voyeur qui caresse le plexiglas ou Monsieur Marcel, le fossoyeur narcoleptique, et une voix un poil rauque font même songer furtivement à l’inimitable Thomas Fersen. C’est dire tout le bien qu’inspire ce jeune homme !
Introducing Robin Mc Kelle (Harmonia Mundi). “On pense immédiatement à Rita Hayworth interprétant Put the Blame on Mame dans Gilda”. C’est le dossier de presse qui le dit mais force est de reconnaître que l’éloge est juste ! Et le sentiment d’autant plus vif que, sur ce premier album, Robin McKelle se réapproprie des standards du jazz américain des 40’, de Something’s Gotta Give à Yes my Darling Daughter. Du swing, la douce chaleur de certaines balades, mais aussi une étonnante version du Bei Mir Bist Du Schoen des Andrew Sisters, pleine de langueur et de mystère.
En casa, Raul Paz (Naïve). Après avoir créé un cocktail énergisant en mixant à sa musique cubaine natale de la funk, de l’électro, du jazz, du dub ou du hip hop (l’album Mulata), Raul Paz « rentre à la maison ». Un retour aux sources pour le jeune homme qui vit à Paris depuis une dizaine d’années. Formé au chant classique, il met sa voix puissante et sensuelle au service de rythmes plus traditionnels proches de la cancion del guajiro - chanson de la campagne - et prend logiquement le parti de l’acoustique. Moins évidemment novateur mais tout aussi réussi.
L’eau, Jeanne Cherhal (tôtOutard). Sur la pochette, Jeanne plonge. Son art, pourtant, décolle ! Mais, finalement, le ciel, comme la mer, est bleu… Faut-il parler d’évolution ou de métamorphose ? Ce nouvel album se distingue en tout cas radicalement des précédents : plus pop, plus mûr, une voix plus épanouie. « Non, je ne suis pas grande / Mais jamais ne m’allongerai » chante-t-elle dans Liquide ; « Ca y est c’est décidé je vais tout décider / Sans me faire envahir et sans me faire emmerder » dans Voilà. C’était donc ça ?
Orphans, Brawlers, Bawlers & Bastards, Tom Waits (Anti/Pias ). Pas de plus beau cadeau pour les amateurs de Tom Waits que ce triple album qui comporte pas moins de 30 nouvelles chansons et 24 raretés. L’artiste à la voix rauque et sourde décline son univers sombre en trois disques - Brawlers (blues énergique, rock), Bawlers (ballades country, valses, berceuses et notamment le Young at Heart de Sinatra), Bastards (contes étranges et musique expérimentale) – et pas une seule fausse note.
Le sacre des lemmings et autres contes de la lisière, Tété (Sony/BMG). Violons, violoncelles, hautbois, il flotte parfois comme un parfum de balade du temps passé sur ce nouvel album de Tété, sentiment accru par le vocabulaire châtié, les textes finement ciselés. L’artiste ne fait en revanche pas dans la dentelle quand il s’emporte face aux injustices : « Que crèvent donc Sans-papiers / Sur le palier / Sarrazins dans le champ du voisin » dans Madeleine bas-de-laine, « Que retournent donc les immigrés / En Zimmigrie… / Sur le champ les étrangers / En Zétrangie » dans A flanc de certitudes. Des coups de gueules salutaire et une voix toujours très séduisante.
Giant, Herman Düne (Source etc). La première chose qui frappe, à l’écoute du nouvel album des Suédois d’Herman Düne, c’est l’évidence. L’évidence confondante de mélodies fluides, simples et riches à la fois. D’un folk rock aux racines américaines qu’on pourrait rattacher aux 70’, avec ses chœurs féminins, les Woo-Woos, ses vrais-faux airs de Velvet. Yaya et André sont d’authentiques song writers qui content l’amour et le quotidien avec une poésie sans affectation. Mélancolique et tendre.
Adrienne Pauly, album éponyme (Remark/Warner). Adrienne Pauly est une fille qui en a. De la voix, un rien voilée comme par trop de vécu, de l’énergie rock, de la déglingue - dans ses textes. « J’ai fait l'amour à contrecoeur / Il m’a même pas embrassée / J’ai fait l’amour en regardant l’heure / J’suis consternée » (L’amour avec un con). Résultat, un premier album qui prend aux tripes et emballe aussi sec. Il faut dire aussi que, côté musiciens, la demoiselle a bien su s’entourer : M, Bazbaz, Yarol Poupaud, Nicolas Repac…
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