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Spécial Cadeaux
Sélection DVD
Sur l’écran noir de vos nuits blanches

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Céline Fontana, 29 novembre 2006
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Pour cocooner les froides soirées d’hiver, meubler vos nuits blanches ou se délecter « cinéphiliquement » et garder à vie, un choix de films et un concert qui combleront tous les goûts.

Show Time, Arthur H (Polydor). Même si le Show Time d’Arthur H sort également en CD, il trouve naturellement sa place dans cette rubrique : à 40 ans, totalement épanoui et au sommet de son art, Arthur se « lâche ». Sa voix a gagné en fluidité et il s’amuse comme un fou avec ses musiciens et invités. On le retrouve ainsi au Spectrum de Montréal ou sur la scène de l’Olympia en compagnie de Pauline Croze, Lhasa, son père, M (ah, leur façon de s’interpeler « H & M »… La marque devrait en faire une pub !). En bonus, d’autres titres encore, dont le duo avec sa sœur, Maya Barsony, sur Une sorcière bleue revue et corrigée à l’occasion de l’anniversaire de leur mère. On s’étonne en revanche de l’absence des délires absolus du concert donné le jour-même de son anniversaire, le 27 mars dernier à l’Olympia : Arthur en slip mimant sa naissance ou le diaporama loufoque retraçant sa vie. Le spectateur aurait vraiment eu le sentiment de partager un moment unique ! H ? On M trop !

Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) (1996), Esther Kahn (2000) d’Arnaud Desplechin (Les Cahiers du cinéma). Deux histoires d’apprentissage, deux romans d’initiation même tant le cinéma de Desplechin est littéraire et raffiné, deux façons enfin d’entrer dans l’âge adulte. Cette « entrée » sera tardive pour Paul Dédalus (génial Mathieu Amalric dans Comment je me suis disputé...), thésard en déroute empêtré dans un complexe professionnel qui l’empêche d’avancer sereinement dans son travail comme dans sa vie privée. Et pourtant, quel joli « tableau de chasse » : Marianne Denicourt, Emmanuelle Devos, Jeanne Balibar… Esther Kahn (la lumineuse Summer Phoenix), elle, découvre, le prix à payer pour devenir comédienne dans le Londres de la fin du XIXe siècle. Intello ? Et alors ! Si cela signifie une prise de tête pleine d’intelligence, d’humour, de finesse, le film a beau durer trois heures, on en redemande ! Et d’ailleurs, on en a encore grâce aux bonus : deux entretiens réalisés pour les Cahiers du cinéma et une discussion entre Desplechin et Emmanuel Bourdieu, co-scénariste. Brillante, comme le reste.

La doublure (2006), Le dîner de cons, (1998), Le placard (2001) (Gaumont Buena Vista). Il est évident que La doublure et Le placard ne pourront jamais rivaliser avec Le dîner de cons. Il faut dire que la « connerie » de Jacques Villeret possédait quelque chose de grandiose, de sublime même, et que Thierry Lhermitte excelle dans la comédie. Il n’en reste pas moins plaisant de retrouver une trilogie de Pignon (avec également Daniel Auteuil et Gad Elmaleh) mais aussi la formidable Alice Taglioni qui fait tout le sel de La doublure. Les fans de la première heure du héros « veberien » (Pierre Richard, Jacques Brel…) se plongeront avec délectation dans le document « La saga Pignon » et une foule d’autres bonus : les commentaires audio des films par le réalisateur, le making of de La doublure, les coulisses du défilé Chanel ou Terminus, un court inédit de Francis Veber. (34,99 euros)

Inside man de Spike Lee (Universal). Une prise d’otages dans une banque new yorkaise, un flic aux prises avec sa hiérarchie, une femme de pouvoir mystérieuse (Jodie Foster) qui aide à démêler le conflit… Sur cette trame d’apparence assez classique (d’apparence seulement car la progressive résolution de l’énigme se révèle assez roublarde, donc jubilatoire), Spike Lee a construit un polar d’ambiance particulièrement réussi. Le jeu du chat et de la souris auquel se livrent le gangster (Clive Owen, très séduisant) et le policier (Denzel Wahington, très « privé » avec son costard classieux et son chapeau) nous fait ronronner de plaisir. Des dialogues aux petits oignons, une mise en scène élégante, des digressions bienvenues sur la discrimination raciale (nous sommes chez Spike Lee tout de même…), que demande le peuple ? Des bonus ? Ben oui, mais… non !

King Kong, de Peter Jackson, version De Luxe 3 DVD (Universal). Du cinoche, du vrai, avec de l’amour, de l’aventure, des effets spéciaux qui en mettent plein la vue. Si la lutte contre les diverses bestioles préhistoriques de l’Ile aux crânes se révèle parfois un rien répétitive, certaines scènes sont proprement hallucinantes, comme la charge des brontosaures ou le combat de King Kong avec trois tyrannosaures. Surtout, les personnages existent vraiment, et l’on n’est pas prêt d’oublier le regard de fou de Jack Black (dont le visage poupin évoque forcément Orson Welles), voulant réaliser son film à tout prix dans la débâcle, ou la détresse dans les derniers échanges entre la belle (Naomie Watts) et la bête. Enfin, le cinéaste offre une reconstitution très réussie du New York de la grande dépression dont le climat est palpable. Tombé sous le charme du premier King Kong à 9 ans, Peter Jackson a réalisé son rêve de môme. Il est à la fois émouvant et passionnant de voir le long chemin parcouru, du film d’animation bricolé dans son enfance, en passant par les préparations effectuées en 1996 sur un premier remake qui ne verra finalement pas le jour, pour arriver à la débauche de moyens de la version 2006. Le regard vif, brillant, Peter Jackson est un véritable amoureux du cinéma et son enthousiasme est communicatif tout au long des heures de bonus : ses commentaires, la pré-visualisation de l’œuvre, les dizaines des dessins et photos, le travail incroyable d’Andy Sirkis « motion capturé » pour interpréter le roi Kong… Un concentré énergisant à consommer sans modération.

OSS 117 de Michel Hazanavicius (Gaumont Buena Vista). « Un peu de Sean, beaucoup de conneries », dit l’affiche. C’est vrai qu’il y a du Bond dans ce film. Mais de l’OSS 117 original aussi, une pincée de SAS, et du Hitchcock, tendance L’homme qui en savait trop, des seconds rôles avec de vraies gueules comme on en voyait dans les 60’, une déco résolument d’époque, des héroïnes sexy… Pastiche mais pas trop ! C’est en effet grâce à cet écrin « authentique » que le décalage qui sied si bien à Jean Dujardin peut s’épanouir pleinement. Côté bonus, le traditionnel making of, un commentaire audio du film par le réalisateur et Jean Dujardin, les « boulettes » et une poignée de scènes alternatives dont une d’anthologie où OSS 117 donne sa vision gratinée de l’Egypte et du monde musulman… (19, 99 euros ; existe en édition Collector à 34,99 euros avec le roman-photo du film - 240 pages - et un documentaire de 73 minutes sur le tournage)

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