Spécial Cadeaux
Découvrez le troisième album de Vincent Delerm en concert
Douces piqûres
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Propos recueillis par Céline Fontana, 29 novembre 2006
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Un parfum 70’, une pop douce et élégante aux accents
d’Europe du nord, une écriture toujours subtile, un humour
naturel évoluant vers une ironie tranquillement décapante : Les piqûres d’araignée, troisième opus de Vincent Delerm,
se révèle d’emblée extrêmement séduisant.
LE FIGARO ETUDIANT.- Vous m’aviez dit écrire vos chansons dans l’idée qu’elles plaisent à François Truffaut. Etait-ce le cas pour cet album ?
Vincent DELERM.- Je ne pense pas avoir jamais travaillé
précisément chanson par chanson comme ça mais, dans la globalité, oui. Cette idée ne me quitte pas : elle est validée, circule dans mes vaisseaux. Quand je fais un nouvel album, je l’envoie à Madeleine, à Laura et Eva Truffaut. Après le premier disque, on m’a tellement parlé de Truffaut que je m’en suis un peu éloigné. Je trouvais ça caricatural. Même moi tout seul en train de regarder un film
de Truffaut, je n’osais plus ! J’y suis revenu récemment. J’ai écouté ses entretiens, relu ses critiques… En ayant
pris un peu de distance, je trouve des points de convergence
dans notre façon d’approcher les choses.
C’est quoi une chanson qui plairait à Truffaut ?
C’est difficile à dire. Il a peu écrit sur la chanson, seulement sur Trenet. C’est de l’ordre de l’intuition.
Comme, parfois, lorsqu’on pense qu’une chanson plaira à un ami. C’est un climat global, une tournure d’esprit et non parce que ça parle de tel truc ou qu’il y a un banjo dedans !
L’idée de la pub avec Renaud vient de votre côté ?
Oui. TôtOutard voulait faire une pub croisée, les albums
sortaient en même temps et il commençait à y avoir dans
ma promo beaucoup de questions sur la chanson de Renaud (On les appelle bourgeois bohèmes / Ou bien bobos pour les intimes / Dans les chansons d’Vincent Delerm / On les
retrouve à chaque rime, dans Les bobos, NDLR). On s’est dit que ça pourrait être marrant. Ca l’a amusé aussi. Les journalistes s’appuient pas mal sur ce qui a été écrit. J’ai vu venir le coup où pendant une année on allait me poser la même question. J’ai préféré désamorcer. Même quand je dis qu’il m’a fait lire sa chanson avant, les gens ne me
croient pas.
Vous aviez balancé à son sujet : « C’est facile de
faire rimer Sarko avec facho »…
C’est une déformation très sympathique de Sophie Delassein dans le Nouvel Obs. Je n’ai jamais dit ça, c’est effarant. Pour ce « dossier », je pèse vraiment mes mots. Elle est arrivée avec son angle : « Alors, la chanson de Renaud ? » J’ai répondu : « Oui, c’est marrant… » L’entretien commence.
Elle revient sur la question : « Alors, tu me disais, la chanson de Renaud, ça te fait ch… ». « Non, j’ai dit le contraire… » Et, malgré ça… J’ai été obligé de passer un coup de fil à Renaud. Je ne comprends pas. C’est le plaisir
de foutre la merde.
Vous devenez assez critique dans Sépia plein les doigts et Il fait si beau : vous vous moquez des Choristes, des bizutages de Sup de co, du concours de Sciences po, des Chiennes de garde…
Les journalistes me disent : « Votre public doit être surpris… » Mais dans mes concerts, les Choristes s’en sont déjà pris pas mal dans la tête ! C’est plus facile sur
scène car, quand une chose n’est plus d’actualité, on
laisse tomber. Sur l’album, il faut trouver la bonne chanson
pour que ça tienne la route dans la catégorie « coup de gueule ». Sinon, le genre « les écoles les plus difficiles sont celles qui ont les bizutages les plus délires, avec les capotes, la chantilly dans les cheveux… On est des bêtes à concours mais on sait s’éclater », j’ai toujours
détesté.
Ca a l’air de vous embêter que les gens vous découvrent
drôle sur scène ?
Après le deuxième album je trouvais bizarre cette image
d’Epinal de la part de gens bien intentionnés qui venaient au concert et s’étonnaient de se marrer. Dans mon premier album, il y a des chansons qui prêtent à faire sourire. J’avais même peur qu’on me prenne pour le bouffon de
service ! Je pense que c’est beaucoup lié à la télé. Je
n’en fais pas beaucoup, je ne suis pas toujours mort de rire devant les chroniqueurs quand ils ne sont pas drôles… J’ai aussi tendance à répondre assez sérieusement, comme pour la radio ou la presse écrite, et il ne faut surtout pas faire ça.
Vous engagez-vous à titre personnel ? Vous avez rencontré Renaud lors d’une soirée de soutien à Ingrid Bétancourt…
Je fais ça assez souvent. Là, c’était médiatisé car il y
avait Renaud mais, lorsque l’on chante deux soirs de
concerts pour la ligue contre le cancer de l’Orne, tout le
monde s’en fout ! Je trouve normal d’y aller mais ça
dépend aussi du projet artistique. Je pourrais le faire
tous les jours donc je ne choisis pas forcément ce qui est le plus touchant mais les actions où les mecs ont aussi envie d’organiser un concert. C’est tout de même mon métier.
Les piqûres d’araignée (tôtOutard) Concerts à la Cigale à Paris jusqu’au 9 décembre puis tournée à partir de fin janvier
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