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Spécial Cadeaux
Paroles d'étudiants : votre pire réveillon du 31 décembre
Le jour de l’an est une ordure

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Propos recueillis par Maya Dujardin, 29 novembre 2006
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Les réveillons du 31 décembre sont rarement à la hauteur des espoirs et des envies. Pour certains, c’est même le fiasco total. Trois étudiantes racontent LA soirée qu’elles ne sont pas prêtes d’oublier.

Leslie, master I de Journalisme, Celsa, Paris. « Il y a deux ou trois ans, je suis partie au ski avec deux couples d’amis et le garçon avec qui j’étais depuis un mois, Bastien. Nous quittons donc Nice à bord d’un petit 4X4 dont les deux sièges à l ’arrière sont condamnés et de la voiture de Bastien. Direction les Deux-Alpes où nous avons loué un chalet. Sur l a route, Bastien est odieux et ne cesse d’interrompre nos tentatives de discussions : « Vous voulez bien vous taire, j’essaie de me concentrer sur l’itinéraire !» Nous n’échangeons plus un mot durant les six heures du voyage. Ainsi, chacun a tout le loisir de se concentrer très fort sur le chemin… Je suis furieuse. Aussitôt arrivées à la station, les filles et moi ne perdons pas une minute et descendons faire quelques courses pour le dîner du réveillon, que nous tenons à réussir. Il fallait s’y attendre, la marque de foie gras que j’ai choisie ne convient pas à Bastien. Le ton monte entre nous car je n’ai aucunement l’intention de me laisser traiter de la sorte. Après un repas très moyennement festif, nous descendons en ville où nous avons réservé une table dans la boîte la plus branchée des Deux-Alpes. Entre Bastien et moi, la tension n’est toujours pas redescendue et, pourtant, au moment où tout le monde s’embrasse pour se souhaiter une belle année, il s’approche de moi et me crie joyeusement : « Bonne année ! » Je le repousse, affirmant que ses paroles ne peuvent être sincères. Blessé dans son orgueil de mâle, il avoue m’avoir trompé à trois reprises la semaine précédant notre arrivée à la montagne. Je le fixe et lui envoie une paire de gifles dont il se souvient sûrement encore. Lorsqu’enfin, nous rentrons au chalet, je lance ses affaires hors de notre chambre. Le lendemain matin, il n’était plus là. Il était rentré à Nice avec sa voiture. Nous nous sommes retrouvés à cinq, coincés aux Deux-Alpes, avec pour seul moyen de locomotion une voiture deux places. »

Noémie, deuxième année, ESC Reims. « L’an dernier, j’ai passé le réveillon du 31 décembre à Berlin, chez une de mes meilleures amies, Agathe. Elle avait décidé, un peu à la dernière minute, d’organiser une grande fête dans son appartement et avait donc convié, pour l’occasion, tous ses amis et collègues disponibles. Lorsque les premiers invités arrivent, je me présente en souriant : « Noémie, enchantée ! Je suis une amie d’Agathe, j’habite en France… ». Toujours le même refrain et en allemand bien entendu. Après quelque cinquante échanges impersonnels et sans intérêt, je commence à me sentir bien seule au milieu de cette foule d’inconnus. Agathe papillonne d’invité en invité, si jolie dans sa petite robe prune. Moi je ne ressemble à rien de très attirant et regrette amèrement le choix de ma tenue. Puis les invités commencent à partir. Je me retrouve seule avec deux couples : la colocataire d’Agathe et son nouveau mec ; Agathe et un certain Jonathan. Je suis épuisée et n’ai qu’une envie : dormir. Je vais me laver les dents et, lorsque je reviens, je n’ai pas besoin de pousser la porte de la chambre - que je partage avec Agathe, ainsi que son grand lit - pour comprendre que je ne suis pas vraiment la bienvenue. Je retourne donc dans la salle de bain et m’écroule sur le carrelage, en larmes. Comment ne pas se sentir malheureuse, un matin de 1er janvier, seule, adossée à une baignoire ? J’attends pendant plus d’une demi-heure la venue d’Agathe qui vient finalement me secourir et se confond en excuses. Je vais me coucher, bien trop fatiguée pour lui en vouloir. Les deux nouveaux couples restent dans le salon. Je finis par vaguement m’assoupir. Au bout d’une heure environ, j’entends la porte s’ouvrir et j’aperçois deux ombres qui se faufilent dans le lit, à mes côtés. Agathe et Jonathan. Je ne bouge pas d’un centimètre, profondément blessée par cette nouvelle année que j’entame au lit, avec mon amie et son mec d’un soir ! Je suis très superstitieuse et ne cesse de me répéter jusqu’au lever que les premières heures de 2006 reflètent forcément l’année entière…. »

Déborah, deuxième année, Inseec Paris. « La soirée de réveillon que je ne suis pas prête d’oublier remonte à la terminale. Aurélie, une fille de ma classe, décide d’organiser une grande soirée pour célébrer l’arrivée de la nouvelle année. C’est vraiment LA fête dont toutes les terminales parlent, le gros événement du mois de décembre qu’il ne faut rater sous aucun prétexte. Mais devant le nombre important de personnes motivées par l’événement, Aurélie décide de limiter les places. Il est hors de question pour elle de transformer l’appartement de ses parents en lieu de débauche. J’ai la chance d’obtenir un des précieux cartons ; j’en suis assez fière. J’ai plusieurs autres plans pour le réveillon mais c’est la soirée d’Aurélie que je choisis. Sans hésiter. Le soir du 31 est enfin là. A mon arrivée, trois personnes. Quelques heures plus tard : une de plus. La soirée enfiévrée que j’avais tant attendue se révèle être un bide total. Sur les cinquante personnes conviées, seulement cinq se sont déplacées. Nous passons un long moment, assis sur le canapé, à attendre des invités qui ne viendront jamais. Vers 22 heures, la maîtresse de maison, dépitée, nous lance : « Le buffet est ouvert ». Vers 23 heures, la fête battant son plein, nous allumons la télévision et nous branchons sur la traditionnelle émission d’Arthur. A minuit moins quelques poussières, tout le monde se lève, se met en rond et reprend le compte à rebours déclenché par le petit écran. Aucun son ne sort de ma bouche. Je suis médusée par la scène ridicule que j’ai devant les yeux et qui me paraît surréelle. A minuit et une minute, après les bises de rigueur, nous nous quittons, laissant Aurélie seule chez elle. »

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