Bon à savoir
Conférence des grandes écoles - Christian Margaria, président et directeur de Télécom INT
«Travailler pour la collectivité»
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Propos recueillis par Agnès Leclair , 24 janvier 2005
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LE FIGARO ÉTUDIANT. – Pourquoi cette opération ?
Christian MARGARIA. – Les grandes écoles sont suspectées de reproduire des élites sociales et d'amener à un diplôme d'ingénieur ou d'école de management des étudiants qui ont déjà des parents professeurs ou ingénieurs (72% des diplômés de niveau bac + 5 ont un de leurs deux parents en position d'encadrement).
Dans les tests d'entrée en 6e, il y a déjà une prédétermination sociale. Les enfants de milieux défavorisés ne s'imaginent pas dans l'enseignement supérieur, ou alors dans des filières courtes, type DUT ou BTS. L'initiative proposée par Pierre Tapie, directeur de l'Essec, remplit deux objectifs : prendre les lycéens en seconde (présélectionnés par les équipes pédagogiques) pour les accueillir dans les écoles tous les mercredis après-midi pendant trois ans et leur proposer une «musculation intellectuelle» : participation à des conférences, sorties car les jeunes de Cergy ne sont souvent jamais allés à Paris visiter le Louvre par exemple.
Quel est votre objectif au final ?
Nous espérons que, d'ici dix ou quinze ans, il n'y aura plus 72% des diplômés bac + 5 avec un parent cadre et cadre supérieur mais 65%, voire 60%.
Est-ce une volonté d'autopromo de la part des grandes écoles et pourquoi les universités ne sont-elles pas concernées ?
Il y a un bénéfice en termes de retour d'image et de communication pour les écoles mais ce n'est pas le but de l'opération. Notre objectif est de travailler pour la collectivité et d'attirer les jeunes dans l'ensemble de l'enseignement supérieur. D'après le ministère de l'Éducation nationale, cette opération pourra aussi être généralisée à l'université dans les semaines à venir.
Cette opération n'aidera-t-elle pas également les écoles à augmenter le nombre de candidats aux concours puisqu'ils sont désormais moins nombreux que les places ?
Nous manquons légèrement de candidats : 2 000 élèves en classes préparatoires scientifiques par rapport à l'ensemble des places proposées par les écoles d'ingénieurs, et 1 500 candidats en prépas économiques pour remplir l'ensemble des écoles de commerce. Ce manque n'est pas lié à une baisse des effectifs en classes préparatoires mais à une augmentation du nombre de places mises en concours par les écoles.
Le problème de la désaffection des jeunes pour les filières scientifiques, malheureusement, s'exerce surtout pour l'instant sur les filières universitaires. On ne voit pas les conséquences directes sur les grandes écoles. De plus, dans les prochaines années, il va y avoir des départs à la retraite importants dans les entreprises. C'est un argument qui peut permettre d'amener certains grands groupes industriels à s'intéresser à la manière d'aider les bacheliers à se projeter dans l'enseignement supérieur.
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