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Le niveau d'anglais dans les grandes écoles augmente sensiblement
Fluent or not fluent ?

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Maïté Sélignan , 09 mars 2005
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D'après une étude de l'ETS (Education Testing Service), le niveau d'anglais dans les grandes écoles françaises a nettement augmenté. Si les raisons de cette progression ne sont que vaguement évoquées, les résultats sont là : le pourcentage d'étudiants atteignant au moins 850 points (sur 990) au test Toeic est passé de 14% en 1997 à 23% en 2002.

49% d'un groupe d'étudiants ingénieurs ont atteint le score de 750 points au test du Toeic en 2002, contre 36% en 1997. Chez les commerciaux, ils sont 8% de plus qu'en 1997 à avoir atteint 750 points. L'étude de l'ETS, l'Educational Testing Service – le centre de recherche américain qui a conçu le test Toeic – montre que le niveau global d'anglais des étudiants français en grandes écoles a augmenté sensiblement ces cinq dernières années. D'après le Cnam, cette nette progression est étroitement liée aux nouvelles exigences des entreprises. Celles-ci rechercheraient de plus en plus de cadres supérieurs capables de s'exprimer parfaitement dans un environnement professionnel anglophone.

L'étude de l'ETS s'est fondée sur les tests Toeic pratiqués dans 164 écoles d'ingénieurs et filières universitaires accréditées par la Commission des titres d'ingénieurs et 22 écoles de commerce accessibles par les concours HEC et Ecricome. Résultat : un score moyen de 735 points sur 990. Soit un «niveau opérationnel de base», selon la grille de classement Toeic.

Pourtant, la CTI avait préconisé dès 1997 un score Toeic de 750 points en vue de l'obtention du diplôme d'ingénieur. Les écoles de commerce, quant à elles, n'ont pas donné de recommandations aussi précises. Mais, d'après l'étude, plus de la moitié de ces écoles ont aussi jugé le seuil de 750 comme un minimum.

Le rapport souligne une petite différence entre le niveau d'anglais des étudiants ingénieurs et celui des étudiants en écoles de commerce. Le score moyen des étudiants en business est de 772 points contre 738 chez les ingénieurs. Mais l'étude précise que les résultats des étudiants de HEC faussent les moyennes. Leur niveau est si supérieur à celui des autres que les statisticiens ont décidé de soustraire l'école au groupe d'étude ! Sans HEC, le score moyen des étudiants en commerce retombe à 751 points. La raison est simple : à HEC, les étudiants sont non seulement obligés de passer le test Toeic, mais ils doivent obtenir au minimum 800 points pour décrocher leur diplôme.

Le rapport souligne aussi que les étudiants en commerce ont tendance à se reposer sur leurs lauriers. Les étudiants ingénieurs sont 13% de plus à avoir obtenu 750 points en 2002 (par rapport à 1997), contre 8% pour les écoles de commerce.

Autre constatation : le score des femmes est plus élevé que celui des hommes. Mais elles sont nettement moins nombreuses à passer le test : huit hommes pour deux femmes chez les ingénieurs et six hommes pour deux femmes en école de commerce. Dernière conclusion de l'étude : le nombre de tests supérieurs à 750 points augmente, mais les résultats se situent souvent tout juste au-dessus du seuil. Les candidats viseraient donc le seuil de 750 points plutôt qu'une réelle amélioration de niveau. L'effet pervers de l'instauration d'un score minimal ?

85 266 personnes passent le Toeic en France

Plus de 3,4 millions de personnes à travers le monde passent le Toeic chaque année, dont 85 266 en France en 2003. Cet outil de mesure «de l'aptitude à communiquer en anglais dans un contexte professionnel» est de plus en plus utilisé par les grandes écoles françaises pour évaluer le niveau de leurs candidats, mais aussi de leurs diplômés. Noté de 0 à 990 points, le test offre le niveau «opérationnel de base» à partir de 605 points. Mais de plus en plus d'entreprises demandent un niveau «opérationnel supérieur», soit 785 points minimum.

Par rapport à d'autres pays, la France est encore peu friande de ce genre de tests. Au Japon, par exemple, la plupart des étudiants passent le Toeic plusieurs fois au cours de leur cursus universitaire, en vue d'améliorer leurs résultats. En France, ils ne sont que 19,8% de l'ensemble des étudiants du groupe d'étude (ceux de la CTI plus ceux des 22 écoles de commerce) à avoir passé le Toeic en 2002. Reste que le volume global de tests passés est en nette progression : 21 483 en 2002 pour 5 002 en 1997.

Le regard de l'ESCP-EAP

Lionel Dahan, professeur d'anglais émérite à l'ESCP-EAP, commente l'étude : «Nous avons fait le choix de ne pas instaurer un test Toeic obligatoire. Les étudiants ont une épreuve écrite et une épreuve orale à passer au concours d'entrée et la plupart passent de toute façon le Toefl pour partir en programme d'échanges. Le niveau en langues a énormément progressé ces cinq dernières années, principalement grâce à l'internationalisation des cursus. Mais ces tests n'influent pas sur l'anglais des étudiants, ils ne sont qu'un thermomètre.»

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