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Bon à savoir
Les réseaux d'anciens se développent aussi à la fac
Master D2A : connecting people…

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Stéphanie Trastour, 06 mars 2006
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On croyait les réseaux d’anciens l’apanage des grandes écoles, mais le vent est en train de tourner. Certains masters ne se contentent pas de former leurs diplômés, ils les mettent en selle. A l’instar du master Droit et administration audiovisuelle de l’université Paris I, fort réputé pour l’efficacité de son réseau. Un véritable atout dans un marché du travail où les diplômes ne suffisent plus.

Who’s Who de l’audiovisuel français. L’histoire se passe il y a une dizaine d’années. Quatre jeunes diplômées frappent à la porte de leur ancien directeur de DESS : « Nous avons un nouveau concept : une revue de presse sur la télé à la radio ». Celui-ci passe quelques coups de fil et leur décroche une heure hebdomadaire sur une radio connue. Parmi ces jeunes journalistes en herbe, Alexia Laroche-Joubert et Carole Rousseau. Ca se passe comme ça au D2A. Un master dont l’annuaire des anciens fait figure de Who’s Who de l’audiovisuel français. « C’est grâce au DESS que j’ai trouvé mon premier emploi à la Générale des eaux, puis à Paris Première », explique Alexandre Michelin, aujourd’hui directeur de l’antenne et des programmes de France 5. « Ce réseau d’anciens si efficace doit beaucoup à un seul homme : Daniel Sabatier », ajoute-il. Fondateur de ce diplôme, il en est la figure tutélaire. A tel point que, quatre ans après son départ en retraite, on parle encore du « DESS de Sabatier » (anciennement « DESS de Droit de la communication audiovisuelle, NDLR).

Un trait d’union entre l’entreprise et la fac. « Lorsque j’ai créé ce DESS, il y a une vingtaine d’années, je n’étais pas un homme de l’audiovisuel, raconte l’intéressé, mais j’ai rapidement compris que tout passait par le relationnel. C’est un milieu où l’on engage des sommes phénoménales, donc il faut une relation de confiance entre les partenaires, qu’ils parlent le même langage. » Il décide alors de créer un diplôme qui ferait le trait d’union entre l’entreprise et l’université. Son objectif ? Faire des « opérations gagnant-gagnant » entre ces deux mondes. Fort de ce credo, il se construit vite un réseau. « J’étais très proche de TF1 et de Canal + notamment. Lorsqu’il y avait un poste à pourvoir là-bas, on m’appelait fréquemment pour me demander si l’une de mes ouailles ferait l’affaire. »

Assurer le service après-vente. Selon lui, plus de 95% des jeunes diplômés trouvent un emploi par ce biais-là. « En effet, c’est un secteur où les offres sont souvent pourvues avant même l’annonce », confirme Pierre Sirinelli, l’actuel directeur du master et professeur à Paris I. Celui qui a pris la succession de Daniel Sabatier est le premier à reconnaître que le réseau d’anciens a toujours été la force de ce master. C’est pourquoi il s’emploie à perpétuer la coutume. Mais avec une approche bien plus universitaire : «Un réseau d’anciens est utile car sa qualité fait qu’il nourrit la qualité de candidatures. C’est ce qui fait que les meilleurs étudiants et les meilleurs intervenants veulent y adhérer. » Mais, à la différence de son prédécesseur, l’association des anciens doit rester « la chose » des étudiants. Il faut selon lui, assurer le service après-vente, pouvoir fournir un carnet d’adresses mais être un « père lointain ». « Par ailleurs, ajoute-t-il, le réseau permet aux étudiants d’appartenir à un club de type grande école.»

Un fonctionnement de grande école. C’est là la spécificité du master D2A. « Cette formation possède plein de mécanismes empruntés aux écoles de commerce dont les week-ends d’intégration et de désintégration et les colloques », explique Henri Debeurme. Selon cet élève de la promo 2004, ce sont autant d’éléments fédérateurs qui contribuent à alimenter le réseau. Un réseau que sa réputation précède : « Quand j’ai dit à mon premier employeur que j’étais diplômé de ce master, ça lui a tout de suite parlé », se souvient Matthieu Houdain, issu de la même promo. Il trouvera son emploi actuel d’assistant de production par le biais de Judith Andres qui co-dirige le master avec Pierre Sirinelli. Sabrina Benmussa, elle, a découvert le master via une cousine qui l’avait intégré : « Sa notoriété, son réseau et le fait que ce soit – avec le Celsa - le seul diplôme reconnu par la profession, m’attirait beaucoup ». Cette chef de pub dans une agence de communication dit avoir trouvé son emploi par elle-même. En revanche, elle se sert du réseau pour recruter à présent : « Quand j’entends parler d’un besoin de stagiaire, je me retourne automatiquement vers le DESS, d’ailleurs, nous venons d’embaucher notre dernière stagiaire qui fait partie de la promo 2005 ! » Un bel exemple de l’esprit de corps qui réunit la plupart des anciens de ce DESS. Cette institution qualifiée « d’entreprise philanthropique » par son père spirituel…

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