DOSSIER : LES ADMISSIONS PARALLELES
Avec un BTS, un deug, une licence, une maîtrise... il est possible d'intégrer une grande école
Jouez la différence
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Stéphanie Barioz, 26 janvier 2005
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TOUS LES BONS ÉTUDIANTS NE PASSENT PAS PAR LA CASE PRÉPA. C'est pourquoi les grandes écoles ont créé les admissions parallèles, aussi appelées admissions sur titres, pour intégrer en 1re ou en 2e année des éléments prometteurs, titulaires d'un bac + 2 (BTS, DUT, deug, Deust) ou plus (licence, maîtrise...). Ces admis, dont le nombre varie considérablement selon les écoles, diversifient et dynamisent les promos. Mais attention, certains établissements qui recrutent trop hors prépas, surtout au niveau bac + 2, peuvent être suspectés de combler de cette manière des effectifs chétifs dûs à la désaffection des préparationnaires. Disons que, lorsque les promotions sont composées de plus d'un tiers d'admis en parallèle – sauf lorsque l'école a vocation à recruter des universitaires comme dans le cas du réseau Eiffel (Cust Clermont-Ferrand, Polytech'Grenoble, Lille et Montpellier) –, le doute est permis...
Pour les étudiants qui n'ont pas pu ou voulu aller en classe prépa, intégrer une école permet de poursuivre des études longues après une formation professionnalisante, de quitter la fac, de consolider un CV... Encore faut-il se demander si le jeu en vaut la chandelle. Intégrer une école réputée, oui. Mais une école de moindre envergure ? N'oubliez pas non plus que le coût annuel d'une scolarité en école de commerce peut atteindre 7 000 euros.
Les gagnants sont ceux qui se forgent une double compétence (droit + management, biologie + informatique...) en intégrant le bon établissement. C'est pourquoi, il peut être intéressant d'attendre d'en arriver à bac + 3 ou + 4 pour présenter les concours.
LES PROFILS DES ADMIS VARIENT SELON LES ÉTABLISSEMENTS. Dans les écoles de management les plus cotées, les BTS ont statistiquement moins de chance d'être reçus que les titulaires d'un DUT ou surtout d'un deug, même si ces derniers connaissent moins bien les réalités de l'entreprise. Certains établissements préfèrent les juristes et les économistes, même s'ils disent rechercher des littéraires. Toutes les écoles d'ingénieurs ne sont pas accessibles à tous les BTS, DUT ou deug scientifiques. Cela dépend des spécialités. Les BTS et DUT technologiques ont peu de chances d'intégrer les généralistes. Enfin, certaines écoles d'ingénieurs (notamment celles du concours Ensea parmi lesquelles l'ESTP et les Ensam) ne recrutent des BTS ou des DUT industriels que s'ils ont suivi un an de classe prépa ATS (Adaptation de technicien supérieur) en lycée. Les ATS, qui sont des classes sélectives, constituent en quelque sorte un rattrapage de maths spé. Il existe par ailleurs des options « prépa » en Sciences et technologies dans certaines universités.
De nombreuses écoles se sont alliées pour proposer un concours en partie commun. Les inscriptions sont ouvertes dès maintenant car les premières évaluations se déroulent en avril.
Dans les écoles de commerce, les épreuves écrites consistent généralement en un test d'aptitude au management (Tame ou Tage-Mage), une synthèse de dossier, un test d'anglais, voire en une épreuve relative à un domaine de connaissances, au choix (droit, économie, philosophie-lettres, technologie...). La banque d'épreuves communes Tremplin (1 pour les bac + 2, 2 pour les bac + 3 et plus) est celle des six Ecricome (Bordeaux EM, ESC Toulouse, Rouen, Sup de Co Reims, ICN, Euromed Marseille). Douze ESC (Ceram Sophia Antipolis, ESC Amiens Picardie, ESC Clermont, ESC Dijon, ESC Grenoble, ESC Le Havre, ESC Lille, ESC Montpellier, ESC Pau, ESC Rennes, ESC Tours-Poitiers, IECS Strasbourg) proposent les concours Passerelle 1 (bac + 2) et 2 (bac + 3 et plus). Elles organisent même des journées gratuites de présentation et d'entraînement.
Mais les plus prestigieuses écoles de management (les Parisiennes en tête) n'ouvrent leurs portes qu'aux titulaires d'un bac + 3 minimum, pour une intégration éventuelle en 2e année.
Les écoles d'ingénieurs proposent généralement aux universitaires des épreuves de maths, de français, de langues vivantes et des épreuves scientifiques spécifiques (génie électrique, génie civil, physique, chimie, biologie...), éventuellement sous forme de QCM. Etant donné le nombre d'écoles, les banques d'épreuves communes sont très nombreuses. Certains établissements recrutent aussi au vu du seul dossier universitaire et après un entretien de motivation... Les écoles les plus prestigieuses recrutent principalement à partir d'une licence ou d'une maîtrise. Les écoles des Mines de Paris, Nancy et Saint-Etienne, par exemple, ne s'ouvrent qu'à des bac + 3 minimum (maths, physique, mécanique, informatique), pour une intégration en 1re année au niveau licence et en 2e année au niveau maîtrise. Et les candidats doivent avoir obtenu chaque année, depuis le bac inclus, une mention Assez bien au moins dès la 1re session d'examen.
Comment réussir les concours ?
Quoi qu'on en dise, les concours réservés aux parallèles sont moins difficiles que ceux des prépas. Voyez les statistiques déjà fort réjouissantes des écoles de commerce... et sachez que le nombre d'admis est souvent très supérieur à celui des intégrés, du fait des nombreuses désaffections. Une préparation sérieuse s'impose cependant, au moins un an avant les concours. Dénichez des annales, informez-vous (notamment en lisant la presse) et réfléchissez sur le monde qui vous entoure. Surtout, ne bâclez pas les langues vivantes, point faible des universitaires. Apprenez à valoriser vos expériences extra-scolaires (voyage, organisation d'un événement local...) et si possible pré-professionnelles (stage, job d'été...). Sans oublier le dossier universitaire... Les scientifiques doivent exceller en maths pour intégrer une bonne école d'ingénieurs. L'entretien de motivation se travaille. Le jury attend des candidats qu'ils connaissent l'école qu'ils souhaitent intégrer mais aussi qu'ils aient une idée de leur avenir professionnel et de la réalité du monde du travail...
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