DOSSIER : ETUDIER EN BELGIQUE ET EN SUISSE
Formation en europe : Le choix de la francophonie
Belgique : l'invasion gauloise
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Maïté Sélignan , 09 février 2005
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Rien de plus simple que de traverser la frontière pour aller étudier en Belgique. Les étudiants français ont souvent, d'ailleurs, de très bonnes raisons de le faire. Car, côté belge, ce sont les universités qui dispensent les enseignements «d'excellence», et ce pour un coût de scolarité très modique par rapport à certaines grandes écoles françaises. Mais ce n'est pas la seule raison qui motive nos jeunes concitoyens. Francophonie, marque européenne sur le CV, qualité de vie, proximité de la France et surtout cursus médicaux bien plus accessibles, des cohortes d'étudiants français s'expatrient vers le plat pays. Jusqu'à crisper les autorités belges.
Un cursus équivalent à ceux des plus prestigieuses grandes écoles françaises, pour environ 700 € par an ? L'offre est alléchante. En Belgique, ce sont en effet les universités qui dispensent les meilleurs enseignements. Polytech, la faculté de sciences appliquées de l'université libre de Bruxelles, propose d'ailleurs des doubles diplômes avec Centrale Paris, Centrale Lille et Supaéro. Idem pour la faculté des sciences appliquées de son équivalent religieux, l'université catholique de Louvain, qui a conclu divers partenariats avec les écoles de ParisTech, l'INPG, l'INP Nancy ou encore l'Ensica.
Solvay, la «business school» rattachée à l'ULB, a elle aussi acquis une très solide réputation. Et pourtant aucun examen n'est nécessaire à l'entrée. La sélection s'opère au fil des cours, d'un niveau tel que 50% des étudiants échouent en première année. A Solvay, les frais d'inscription sont ceux pratiqués à l'université : environ 700 €. Même chose à l'Ichec, qui mise sur les langues : mieux vaut être au moins trilingue pour y suivre le cursus, et c'est ce que recherchent les étudiants français, d'après la direction. A l'Ichec aussi, la scolarité n'excède pas 800 €. Tentant lorsque l'on consulte les grilles de tarifs des grandes écoles de commerce françaises. Mais d'autres enseignements, à l'intérieur même des facultés, bénéficient d'une réputation internationale, notamment les laboratoires de physique théorique ou de biologie moléculaire.
Autre avantage de la Belgique, sa situation au coeur de l'Europe. Près des institutions, les écoles en relations internationales et spécialistes des questions européennes sont de très haut niveau. L'Institut d'études européennes de l'ULB forme des juristes, économistes ou politologues spécialisés dans la construction européenne. Quinze à 20% de ses étudiants sont des jeunes Français désireux de se rapprocher des institutions européennes. Prix de la formation : 700 €. Son équivalent privé, le Collège d'Europe de Bruges, est lui aussi très réputé. Mais il faut pouvoir payer les 16 000 € annuels demandés (logement compris).
Dernier type de formation dans l'enseignement supérieur belge, les «hautes écoles». Ces écoles privées sont d'un niveau très inégal, d'où la nécessité de bien se renseigner avant d'intégrer le cursus. Quelques-unes, pourtant, sortent du lot. Elles ont acquis une réputation grâce à la rareté de l'enseignement qu'elles dispensent ou par la qualité des enseignants recrutés. Ainsi, l'Isti, l'Institut supérieur des traducteurs et interprètes, est sans doute l'une des meilleures écoles de traduction et d'interprétariat de Belgique. Basée à Bruxelles, l'école profite du rayonnement européen de la capitale. Facile, avec les institutions et les entreprises multilingues de la ville, de trouver un stage ou un emploi. L'Efap, l'Ecole française des attachés de presse, a aussi vu en Bruxelles un marché potentiel, et a ouvert l'ECS-Efap, l'European Communication School, dans la capitale belge.
D'autres motivations poussent les jeunes Français à passer la frontière. Bain de culture européenne, loyers moins chers qu'à Paris, vie estudiantine, cosmopolitisme et surtout l'accueil belge font l'unanimité : «Ici, il y a une vraie convivialité, une gentillesse des gens, une qualité de vie. Les Belges sont accueillants et chaleureux», explique Emily l'Hermitte, 25 ans, étudiante française en kinésithérapie à l'ULB.
Service d'information sur les études et les professions, Bruxelles : www.siep.be, 0.032.26.40.08.32. Université libre de Bruxelles : www.ulb.be Université catholique de Louvain : www.ucl.be Isti : www.heb.be/isti Collège d'Europe de Bruges : www.coleurop.be Efap : www.efap.edu
Les cursus médicaux
Près de 35 % des Français en dentaire (« dentisterie » en Belgique), 75 % en vétérinaire et 80 % en kinésithérapie. Nos jeunes concitoyens envahissent littéralement les cursus médicaux des universités belges. La raison ? Une formation accessible dès le baccalauréat, des frais de scolarité tout à fait abordables et une sélection nettement plus facile qu'en France, voire inexistante à l'inscription. Pour entrer en formation de kinésithérapie en Belgique, il suffit de s'inscrire. Il n'en fallait pas plus aux étudiants français pour boucler leurs valises. Chez les vétérinaires, l'afflux de jeunes Français est tel que les autorités ont instauré en 2003 un concours d'entrée commun à toute la Belgique wallonne. Peine perdue, les Français représentent 75 % des étudiants qui se présentent au concours... et sont autant à le réussir.
Chez les médecins, le phénomène est moins important, du fait de l'instauration d'un numerus clausus en 1997. Mais il a de nouveau été supprimé en 2003. Les inscriptions en médecine ont donc explosé l'année dernière. Ici aussi, aucun quota ne limite l'arrivée des jeunes étrangers sur les bancs de la fac. « Nous ne traitons pas les Européens différemment des autres au niveau de l'inscription », explique Jean-Jacques Rombouts, doyen de la faculté de médecine de l'université catholique de Louvain. « La seule restriction est que l'on ne peut pas s'inscrire lorsqu'on a déjà fait deux premières années en France. » Mais, devant le phénomène, les autorités risquent de réagir très vite : « Notre nouveau ministre va réinstaurer une sélection précoce dans le cursus. Ce n'est pas encore en place, mais nous sommes en train de nous mettre d'accord sur les modalités », prévient le doyen.
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