Jeunes Talents
Simon Tordjman, prix Ina des jeunes reporters
«Un ovni récompensé»
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Maya Dujardin , 12 mai 2005
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«Vous avez un vrai talent, au-delà de tout ce que nous avons vu», lance le président du jury. Simon Tordjman est l'homme de la soirée. Pour la cinquième édition du concours Ina des jeunes reporters, l'Institut national de l'audiovisuel, en partenariat avec Reporters sans frontières et la chaîne Planète, a choisi de primer un candidat atypique. Etudiant en quatrième année de Sciences-Po Paris, Simon Tordjman est en effet le seul, parmi les neuf candidats sélectionnés, à ne pas avoir suivi de formation journalistique. Et à ne pas vouloir devenir journaliste ! «Un de mes amis m'a parlé du concours. Le thème de cette année, «Reporters de guerre : un métier à risque», m'a particulièrement motivé. Je me suis dit que l'intitulé me permettrait de ne pas me limiter à un point de vue journalistique.»
Placés en situation professionnelle, les candidats, des étudiants en journalisme, audiovisuel ou communication, ont dû réaliser leurs sujets dans des délais très courts. D'une durée maximale d'une minute trente, ces derniers devaient intégrer au moins soixante secondes d'images d'archives. A travers ce concours, l'Ina souhaite offrir aux futurs journalistes, qui aujourd'hui n'ont pas accès à ces archives professionnelles, la possibilité d'appréhender les images d'hier avec lesquelles ils seront amenés à travailler demain. Présidé par Emmanuel Hoog, président-directeur de l'Ina, et Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, et composé de professionnels de l'audiovisuel et du journalisme, le jury a été particulièrement impressionné par le sujet de Simon Torjman. «C'est un ovni qui est récompensé ce soir», commente Emmanuel Hoog.
Le reportage ne ressemble en effet à aucun des huit autres. C'est la voix d'une comédienne qui lit le texte écrit par Simon. Une voix troublante sur des images percutantes. «L'idée était de sortir les images d'archives de leur contexte, de ne pas les mettre dans une formule calibrée de journal télévisé, précise Simon. Je voulais vraiment exprimer l'incapacité à comprendre ce qui se passe.» Difficile en effet d'accepter une situation toujours plus critique. 2004 a été l'année la plus meurtrière de la décennie avec 53 journalistes décédés. Dans ce contexte, le thème du concours était plus que jamais d'actualité et Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi dans tous les esprits. En Irak, à Cuba, en Chine, partout dans le monde, des reporters sont en danger.
Simon, qui aura la chance d'effectuer un stage de six mois à Reporters sans frontières, s'occupera de la situation des journalistes en Russie. Les deuxième et troisième prix, respectivement attribués à Guillaume Loiret, étudiant au Celsa, et à Jérôme Lévy, de l'Ecole de journalisme et de communication de Marseille, bénéficieront, quant à eux, d'un stage de formation à l'Ina.
www.ina.fr
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