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Jeunes Talents
Patrick Burdeyron, fondateur de e-conception, web agency
«On n’est pas préparé au monde de l’entreprise»

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Propos recueillis par Stéphanie Trastour, 13 février 2006
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Les études. « Lorsque j’ai entamé mes études de droit, je n’avais pas de plan de carrière. Simplement l’objectif d’obtenir une maîtrise. Pourtant, j’ai toujours été féru d’informatique. En 1998, au moment où Internet se développait, je traînais pas mal sur le réseau. C’est ainsi que m’est venue l’idée de monter une web agency (une société qui crée les sites Internet d’autres entreprises, NDLR). J’ai discuté de ce projet avec mon frère et un ami qui s’y sont associés. Peu de temps après, e.conception naissait. J’avais 21 ans et je venais de rentrer en licence à Lyon III. Je pensais que je pouvais poursuivre mes études mais je me suis voilé la face. J’avais demandé un aménagement de scolarité mais je n’ai pas pu mener les deux de front. Lorsqu’il a fallu préparer les partiels de juin, je me suis sérieusement posé la question de laisser ma boîte en suspens, le temps de terminer mes études. Puis j’ai fini par trancher en faveur de la société. »

L’entreprise. « Mon cursus n’avait aucun lien direct avec mon activité au sein de l’équipe. Au départ, je supervisais toute la partie production de e.conception. Cela faisait plus appel à des compétences informatiques que juridiques. Pour autant, je ne peux pas dire que mon Deug me soit inutile. Il m’est arrivé de me heurter à des problèmes de droit où mes bases m’ont servi. Maintenant, je suis en charge de la branche conseil en stratégie Internet, cela passe par la gestion et la comptabilité également. Je crois que c’est encore un secteur où l’on se forme sur le tas. Je considère que les trois ou quatre premières années m’ont servi de formation. Cela fait sept ans que l’entreprise existe et j’ai acquis toute l’expertise nécessaire. La société, elle aussi, commence à avoir les reins solides. On a augmenté de 100% notre chiffre d’affaires en 2005 et l’avenir se présente plutôt bien. »

Le bilan. « Au bout de deux ans d’études généralistes, on n’est pas du tout préparé au monde de l’entreprise. Monter une boîte avec un Deug en poche, ça paraissait plus simple sur le papier que dans la réalité. Sans doute parce qu’on baignait en pleine bulle Internet. Finalement, ce qui m’a manqué, c’est l’expérience. Elle m’aurait permis d’éviter pas mal d’erreurs. Aller démarcher à 21 ans des patrons qui ont entre 50 et 60 ans, ce n’est pas facile, il faut avoir sacrément confiance en soi ! Enfin, on n’est pas dans une société qui favorise la création d’entreprise, bien au contraire. Que l’on soit surdiplômé ou pas, on se rend vite compte qu’on n’est pas aidé par l’Etat. L’administration se révèle même un handicap. Et puis, il y a encore en France cette image de l’entrepreneur/exploiteur. C’est pourtant lui qui se paye en dernier quand la boîte rame. Et je sais de quoi je parle ! »

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