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Stéphane Bucco : « Tout petit, je voulais dessiner les couvertures de Lucky Luke ! »
Crédit photo : (DR)
 

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Jeunes Talents
Stéphane Bucco a fondé Sockho, une agence de design graphique
«Réfléchir sur ce que l’on crée»

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Céline Fontana, 02 mars 2006
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« Tout petit, je voulais dessiner les couvertures de Lucky Luke ! », se souvient, amusé, Stéphane Bucco, jeune graphiste installé dans le sud de la France. Il fait pourtant un bac classique, le G3, puis un an d'école d'architecture à Marseille. Le dessin l’emballe, les maths beaucoup moins.... Il s’inscrit donc en fac d'arts plastiques à Nîmes, obtient son Deug, enchaîne avec une licence d'arts appliqués à Bordeaux… Mais le fait de ne pouvoir s’investir à fond dans le graphisme lui pèse. Il découvre alors l’existence de l’école Estienne à Paris, tente le concours par deux fois. La seconde sera la bonne. Il y entre pour préparer le diplôme supérieur d'arts appliqués et sort major de sa promo en 2000.

« C'était la grande époque de l'Internet, explique-t-il. Il y avait beaucoup de travail en Web mais je n'étais pas du tout spécialisé. L'école apprend surtout à être intelligent : la sémiologie, qu'est-ce qu'une image, pourquoi c'est du noir et blanc, bref, réfléchir sur ce que l'on crée. » Il décide de se former au Net de manière autodidacte. Le travail est là mais, d’agence de stratégie en boîte de création de sites, Stéphane ne trouve pas son compte. Avoir un patron, ça n’est pas son truc, et puis il a du mal à créer sur commande !

Retour dans son Sud natal. Son frère jumeau, Thierry, développeur informatique, rentre au même moment des Etats-Unis. « Nous avons décidé de créer Sockho, une agence de design graphique, sans trop savoir ce que nous allions y faire ! Notre père nous a avancé l'argent pour la SARL. En fait, avec le recul, je réalise que c'était inutile. J'ai déposé la SARL, je suis travailleur indépendant. » Sockho démarre vite même si les débuts furent difficiles. Pour arrondir ses fins de mois, Stéphane travaille à mi-temps dans une agence sur Cannes pour laquelle il réalise des catalogues de bateaux. Un job d’appoint qu’il abandonnera pour mieux se consacrer aux affiches des Eurockéennes de Belfort qu’il réalise depuis maintenant trois ans.

« Dans le cadre de Sockho, je n'arrive pas à travailler en équipe, avoue-t-il. Comme j'ai un style très particulier et que l'on me contacte pour cela, il est difficile de faire appel à d'autres gens, j'aurais l'impression de trahir la confiance que l'on m'accorde. En revanche, j'arrive à partager avec String Republic. » (lire encadré) Les deux activités se révèlent pourtant difficiles à mener de front. A 32 ans, Stéphane semble à la veille d’un nouveau choix professionnel : être graphiste indépendant chez Sockho ou chef de projet « un peu » graphiste dans String Republic ?

www.sockho.com

STRING REPUBLIC : PREMIERS PAS DANS LA MODE
« String Republic est né d’une envie d'allier graphisme et accessoires de mode. Je voulais aussi ne pas mettre tous mes oeufs dans le même panier et j'aime être chef de projet. J’ai donc créé une SARL en 2005. Je n'ai aucune aide depuis le début car je n'ai jamais été viré, c'est mon gros souci ! Mais j'ai la chance d'avoir un père qui a un peu d'argent. Il m'a prêté 20 000 euros pour payer la production d'espadrilles, en France, aux Pays Basque, dans une boîte familiale, la première année. La moitié de mes gains chez Sockho vont aussi dans String Republic. J’ai dessiné entièrement la première collection, l’an passé. J'en ai vendu 3000 paires.

Cette année, j’ai fait réaliser 7000 paires qui sont customisées par différents graphistes. Etant graphiste, il est plus facile d’en rallier d’autres à ma cause. Je veux que le produit soit beau et je tiens à valoriser ceux qui y ont contribué. Le catalogue comporte une fiche biographique pour chaque graphiste. Il y a des Français, un Malaisien, un Vénézuelien, un Anglais, un Finlandais. C'est assez marrant de faire travailler dessus des gens qui ne connaissent pas l'espadrille qui reste assez franco-espagnole. J’ai aussi fait appel à un gros bureau de presse parisien : Zmirov. J'ai envie de construire une vraie politique de marque et d'amener String Republic sur d'autres produits. Nous avons créé une chapka pour l'hiver prochain. » La jeune entreprise a également remporté la troisième édition du Prix du Jeune entrepreneur de mode, soutenu par le ministère de la Jeunesse et des Sports.

http://stringrepublic.blogspot.com

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