Nos conseils
VIE ÉTUDIANTE Cherche jeunes gens pour partager un appartement
Petite coloc entre amis
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Valère Massaguer , 12 mai 2005
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La fin de l'année approche, et voilà que vous redoutez déjà le moment où il vous faudra trouver un nouveau logement pour vos études. Entre studios trop petits, chambres universitaires et appartements hors de prix, le choix est souvent restreint pour l'étudiant célibataire. Gardez espoir. A défaut de trouver l'âme soeur, une alternative s'offre à vous : la colocation. De l'expérience positive à la sauce Auberge espagnole à la guerre déclarée dès le premier mois de cohabitation, les tranches de vie des colocataires ne manquent pas d'anecdotes et de points de vue divergents.
Les sites consacrés à la colocation affluent, les petites annonces aussi. Mais difficile de faire son choix. C'est un peu comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Les descriptions de votre (vos) futur(s) com pagnon(s) sont souvent sommaires et ne vous garantissent pas la qualité de la «marchandise». A ceux qui ont la chance d'établir une colocation par affinité, le problème ne se pose pas. Au contraire, pour ceux qui arrivent dans une ville sans la moindre attache, la recherche peut s'avérer être tout sauf une partie de plaisir. Donc pas de précipitation. Inutile de sauter sur la première proposition venue. Vous pourriez très vite le regretter. A ce titre, il est bien de passer par votre école ou votre université. Vous aurez davantage de chances de tomber sur une ou plusieurs personnes qui vous correspondent : études similaires, âge à peu près équivalent, même campus... Autant d'arguments qui feront que, sur le long terme, votre colocation évitera les écueils de l'inconnu.
Les mauvaises surprises de la vie en communauté, Livio, 25 ans, en dernière année de master média à l'ESCP-EAP, a pris soin de les contourner. Les deux personnes avec qui il partage un confortable 115 mètres carrés sont des amis de longue date. «Ici, tout le monde a sa petite indépendance. Nos tempéraments sont assez proches, ce qui évite les clashs. Dans l'ensemble, et sans prétention, nous sommes des gens assez faciles à vivre...» Des règles ? Pas tout à fait. «Excepté des «celui qui fait la cuisine ne fait pas la vaisselle», on fonctionne plutôt au feeling. Même si le coeur du problème reste les courses», ajoute-t-il, apparemment amusé. Un frigo vide peut-être, mais des soirées qui se terminent la plupart du temps à plus de trois. «C'est la loi inhérente aux colocs. On invite des amis qui invitent leurs amis à leur tour.»
Pour Aurélien Quancart, 21 ans, en quatrième année à Sciences-Po Bordeaux, pas question de rentrer dans cette logique. «Nous avons tout de suite tenu à instaurer des règles. Les études nous prenant la majeure partie de notre temps, il est impossible de se coucher tous les soirs à 4 heures du matin. Nous avons donc limité les passages. En général, les gens comprennent.» Comme il s'attache à le souligner, «la colocation reste avant tout un excellent compromis financier, au-delà de la formidable aventure humaine qu'elle représente».
Toutefois, il convient de rappeler qu'au jeu du colocataire parfait tout le monde n'est pas gagnant, comme en témoigne Laura, 22 ans, étudiante en théâtre, qui est passée par un site spécialisé. «Au bout de deux mois, ce n'était déjà plus possible ! Le moindre détail posait problème. Il s'agissait juste d'une incompatibilité de caractères. Je suis partie du jour au lendemain. Au départ, il paraissait pourtant sympa...», admet-t-elle avec du recul. Depuis, Laura a trouvé son bonheur. Même expérience pour Frédérique, 21 ans, étudiante en MSG à Assas, qui a partagé un logement avec deux soeurs de son âge. «Passé un certain temps, on ne communiquait plus que par mots interposés sur le frigo. J'ai tenu le coup, et c'est finalement elles qui sont parties.»
Sans aller jusqu'à donner raison au proverbe «le plus gêné s'en va», il convient, pour chaque personne qui souhaite se lancer dans un projet de vie collective, d'analyser les paramètres qui lui semblent essentiels. Si la principale règle demeure le bon choix de vos coéquipiers, parfois les meilleurs amis s'avèrent être les pires colocataires. Au final, pas de recette miracle et un mode de vie qui laisse la part belle au hasard et à la chance. A vous de vous jeter à l'eau.
Pratique
Parce que tout le monde n'a pas la chance d'avoir des amis prêts à s'engager dans une colocation, voici quelques adresses et conseils pour trouver celles ou ceux qui partageront votre toit.
Une des premières démarches consiste à passer par le site de son école. A la rubrique «petites annonces», faites un bref descriptif de votre personne et de vos aspirations en matière de colocation. Les réponses sont beaucoup plus rares que sur un site spécialisé mais, en cas de succès, vous vous retrouverez avec un colocataire qui suit la même formation que vous et se situe à peu près dans la même tranche d'âge. Les sites spécialisés. Ils sont certes nombreux et inégaux au niveau des résultats mais certains d'entre eux méritent le détour.www.appartager.com : élu numéro un de la colocation par les colocataires, il offre également des possibilités à l'étranger. Il met à disposition plus de 70 000 annonces et présente l'avantage d'être gratuit. Son mode de fonctionnement repose sur la présentation de fiches d'identité, avec la possibilité de contacter votre colocataire potentiel.
www.colocation.fr : c'est le site officiel de la colocation. Il présente plus de 100 000 annonces. Cinq pays sont concernés : la France, la Belgique, la Suisse, l'Italie et le Canada. En plus de proposer les services classiques (possibilité de rédiger une annonce gratuitement, offres de colocations, témoignages, informations juridiques...), il est à l'origine d'un Guide de la colocation. Cent pages en couleur dévoilent toutes les astuces pratiques de ce mode de vie. Il peut être commandé sur le site.
Les jeudis de la colocation. Ces rendez-vous mensuels qui ont lieu tous les premiers jeudis du mois permettent de favoriser les rencontres entre futurs colocataires. Procédé unique dans le domaine de la colocation, ils ont déjà réuni 20 000 participants. Organisés par colocation.fr, Kel-Koloc et Easycoloc, ils sont l'occasion d'avoir accès à des conseils pratiques et quantité d'informations. Les règles d'une colocation. A quelques détails près, elles ressemblent à celles d'une location classique.Le bail en commun : il n'y a pas de bail «type» de colocation puisque ce récent mode de logement n'est pas réglementé juridiquement. Il faut donc utiliser un bail de location classique. Le bail doit être signé par le propriétaire et chacun des colocataires. Ceux dont les noms n'apparaissent pas noir sur blanc sur le bail sont considérés comme de simples occupants, sans droits, à la merci des autres. L'avantage d'inscrire tous les noms sur le document permet de cumuler les aides au logement.
La clause de solidarité : elle lie encore un peu plus les colocataires. A savoir, si l'un des occupants ne parvient plus à assumer sa part de loyer, le propriétaire peut alors demander aux autres (ou aux personnes qui se portent caution) de payer pour lui. Elle n'a rien d'obligatoire. Mais rares sont les propriétaires qui ne la demandent pas.
L'assurance multirisques-habitation : la loi impose aux locataires de s'assurer contre les risques locatifs et de fournir une attestation d'assurance au bailleur lors de la remise des clefs, puis chaque année. Les locataires doivent s'assurer ensemble pour l'appartement et chez le même assureur, afin d'éviter tout conflit de responsabilité entre les assurances.
L'état des lieux : dans le cas de la colocation, le bail doit être signé par tous les locataires. Tout bail doit être accompagné d'un état des lieux.
Les aides au logement : l'APL (aide personnalisée au logement) est accordée en fonction des ressources et de la situation personnelle de chaque locataire mais elle est versée directement au bailleur qui la déduit du loyer qu'il réclame. Elle peut atteindre, dans le meilleur des cas, 120 € par mois.
Les Jeudis de la colocation, 27-29, rue Raffet, 75016 Paris. Rens. : www.colocation.fr.
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