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J'ai testé pour vous : télécharger légalement sa musique sur le Net
La voix de la raison ou de la paresse ?

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Stéphanie Trastour, 30 novembre 2005
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Télécharger sa musique à petit prix, tout en gardant la conscience tranquille…. Une idée qui séduit de plus en plus de monde. Cette année, la vente de musique en ligne a quasiment été multipliée par dix en France . Et il existe plus de 300 sites légaux dans le monde, dont une quinzaine dans l’Hexagone. Un euro, un tube : j’ai testé pour vous.

Il y a des matins comme ça, où l’on se réveille avec l’esprit particulièrement aventureux. Un petit air accrocheur à la radio. C’est Old Child de Dionysos. Et soudain une envie impérieuse de le réécouter en boucle. Mais hors de question d’affronter la foule de la Fnac un samedi. Alors, c’est décidé, aujourd’hui je m’essaye au téléchargement de musique en ligne. Pour Dionysos je suis prête à lâcher quelques euros, je choisis donc la voie légale. Mais vers quel site se tourner ? Arbitrairement, j’opte pour iTunes (2). C’est celui dont j’entends le plus parler. Il faut croire que j’ai eu du nez : « Le meilleur juke-box numérique et le service de musique en ligne numéro 1 dans le monde » d’après le slogan qui apparaît sur le portail. Vérifications faites, l’information s’avère vraie. Avec ses 1,5 millions de titres en ligne, L’iTunes Music Store est effectivement le leader du marché. Voyons maintenant ce qu’il donne en pratique.

Avant de pouvoir télécharger, il faut d’abord installer. Je lance l’assistant d’installation iTunes et me laisse guider. Je réponds docilement « j’accepte » aux multiples avertissements que je lis en diagonale. Et, en cinq minutes, me voilà sur Music Store. Je vais directement dans le moteur de recherche en haut à droite, où je tape « Dyonisos ». Je tombe sur l’album d’une dénommée Ekova, dont l’album s’intitule « Dyonisos Spell ». Mais aucune trace de MON Dyonisos. Je tente une recherche avancée, avec le nom du morceau en plus. « Aucun résultat », me dit-on. Je commence à perdre patience, il ne s’agit quand même pas d’un obscur groupe qui n’a pas franchi les frontières de sa Drôme natale ! Puis je réalise mon erreur : j’ai mal épelé Dionysos. Intraitable Monsieur Steve Jobs (le patron de Apple, NDLR) sur l’orthographe de ses clients !

Effectivement, en plaçant le ‘i’ et le ‘y’ au bon endroit, ça va tout de suite mieux. Deux choix s’offrent à moi : l’achat de l’album Monsters in Love pour 9,99 € - il coûte environ 15 € chez un disquaire – ou l’achat du morceau pour 0,99 €. Je décide de ne pas être trop gourmande et opte pour le second choix. Sur iTunes, on a la possibilité d’écouter gratuitement 30 secondes de chaque morceau. J’écouterai donc tout l’album une prochaine fois pour savoir s’il vaut le coup. La suite est un jeu d’enfant. Je crée mon compte Apple en livrant les informations habituelles. Et le téléchargement est immédiat.

Pendant que je me délecte de ma nouvelle acquisition, je surfe sur le site par curiosité. L’offre n’est pas aussi pointue que ce à quoi je m’attendais. Alors que l’on trouve l’intégrale de Véronique Sanson, les précédents albums de Dionysos ne sont pas disponibles. Des artistes moins connus comme Pauline Croze sont introuvables et la sélection des Smiths est famélique. Une autre mauvaise surprise m’attend : impossible de transférer mon morceau sur mon baladeur. Le format AAC de iTunes Music Store est seulement compatible avec les iPods. Le mien est un Creative, qui ne lit que le format WMA disponible sur les sites FnacMusic (3) ou VirginMega (4). Je n’ai plus qu’à changer de crémerie…

(1) Selon une étude de Fédération internationale de l’industrie phonographique (Ifpi), publiée en juin 2005.
(2) www.apple.com/fr/itunes/
(3) www.fnacmusic.com
(4) www.virginmega.fr

TEMOIGNAGE
Ne parlez surtout pas à Jean de peer-to-peer. Le mot le fait bondir de sa chaise. « C’est comme si j’allais chez le boucher et que je volais un steak ! », s’exclame cet étudiant de 22 ans en licence d’Arts du spectacle à Paris. Il s’explique : « Le piratage, ça tue la création. Derrière chaque œuvre, il y a du travail, de la sueur, et ça se paye ». Lui qui aspire à être comédien se sent forcément solidaire. Fidèle à ses convictions, il est devenu adepte du téléchargement légal il y a quelques mois. « Le respect de la loi n’a rien à voir là-dedans, souligne-t-il. Je devais faire une soirée et la perspective de rester scotché à ma chaîne me gonflait ». Il se fait conseiller par son entourage et constitue sa playlist en piochant sur FnacMusic et VirginMega. Depuis, il est passé à iTunes Music Store car on lui a offert un iPod. Jean ne se lasse de la dernière pépite qu’il a téléchargée, Le Mendiant de l’amour d’Enrico Macias. « Pour 0,99 €, j’aurais eu tort de m’en priver, dit-il l’œil pétillant. En plus je ne l’aurais jamais trouvé en single dans les bacs ». Rien à redire non plus sur le côté dématérialisé de la musique en ligne : « Ca me gênerait pour un livre, mais un CD n’est pas forcément esthétique et c’est encombrant. » D’autant qu’il continue à acheter les disques de ses artistes préférés. Et question budget ? « Je télécharge une quinzaine de morceaux par mois, jamais d’albums. Cela me revient à environ 15 € par mois, ce qui n’est pas ruineux. » Et d’ajouter avec un petit sourire en coin : « En même temps Le Mendiant de l’amour, ça n’a pas de prix ».

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