Musique
Mickey 3D : leur quatrième album «Matador» sort le 6 juin et ils font la tournée des festivals
«Ne pas oublier d'où l'on vient»
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Propos recueillis par Yves Le Corre , 01 juin 2005
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«Je n'ai pas le temps/de venir à Paris/ car dans les yeux des gens/il y a comme de la pluie/ qui tombe doucement», chante Mickael Furnon sur Rodéo, premier titre de ce Matador, quatrième album de Mickey 3D. Il est pourtant venu dans la capitale, histoire de parler de ces 13 titres plus pop, plus chantés aussi. Un brin de rock énervé comme au temps de Mistigri torture (leur premier album en 2000), d'écologie et, enfin, une petite touche espagnole mais toujours issue de leur studio d'Ecotay-l'Olme.
LE FIGARO ETUDIANT. – Seriez vous parti en vacances ? L'album possède des ambiances un peu hispanisantes, notamment sur la chanson titre Matador ?
Mickael FURNON. – Non. Nous aimons bien toucher à tout et je n'avais jamais abordé ces petites rythmiques espagnoles, ça me manquait. Du coup, j'ai voulu essayer sur deux-trois morceaux. A la guitare, tu cherches toujours de nouvelles rythmiques que tu n'aurais pas encore essayées. Nous nous sommes rendu compte qu'il y avait deux-trois petites connotations espagnoles et on avait envie de lui donner cette couleur. C'est pour ça qu'on a gardé ce titre de Matador pour le disque. J'étais dans ce délire à ce moment-là.
A la sortie de Tu vas pas mourir de rire, vous vous déclariez prêt à faire un disque plus léger...
Je pense que nous y sommes parvenus ici mais beaucoup nous disent que non, que c'est un album toujours aussi grave dans les textes. Il y a beaucoup plus de chant, de pop, ce qui, selon moi, lui donne un côté plus léger. J'avais très envie de revenir à quelque chose d'un peu plus bricolo, comme sur nos premiers albums. Ne pas partir dans le délire : «Voilà, Mickey 3D ça marche. On va s'enfermer dans un studio et faire plein de morceaux comme Respire !» Il était hors de question de rentrer dans ce genre de logique à deux balles. Nous avons eu envie de nous amuser, ne pas rentrer dans une routine. Revenir au bricolage donc, ne pas oublier d'où l'on vient, enregistrer dans le local de répète. Retrouver le côté rock avec des basses qui claquent. Je me suis rendu compte que je faisais un peu du Gainsbourg, à parler de plus en plus sur la musique, et ça me saoûlait. J'avais envie de rechanter comme à l'époque de 3DK, un groupe où j'interprétais de la pop.
L'une des surprises de ce nouvel album vient de Najah (clavier-chant-accordéon) qui chante seule sur le morceau Réveille-toi, ce qui est nouveau pour vous...
En fait, il est assez dur de la faire chanter. Sa voix est jolie mais elle est plutôt timide. On l'a un peu poussée pour mettre cette chanson sur le disque. Elle avait commencé à chanter sur le précédent album mais là elle a dû y aller complètement. Elle a apporté la chanson avec une mélodie de voix et un accompagnement. J'ai simplement rajouté des mots dessus et nous avons fait les arrangements tous ensemble comme d'habitude.
Du coup, vous vous retrouvez dans les choeurs ?
C'est marrant, un autre délire. Je suis plus libre, je peux regarder ma guitare sans penser au texte.
Trouvez-vous une inspiration dans votre village qu'il n'y aurait pas ailleurs ?
Je trouve que c'est plus facile pour écrire des chansons, faire de la musique, répéter... Je me demande comment font les groupes à Paris pour trouver un local. A l'époque où l'on tournait avec Louise Attaque, quand on faisait leur première partie, une fois on est parti s'amuser avec eux, faire de la musique dans leur local de répète mais il fallait qu'ils louent un studio, un camion pour garder le matos entre les sessions... Alors que nous, nous avons notre local et on y va tous les après-midis. Un groupe à la campagne, ça a des inconvénients et des avantages. On ne se retrouve pas au milieu de tout ce qui fait l'effervescence de Paris mais, en tout cas, on est peinard.
Du point de vue des textes, c'est vrai que je parle beaucoup du monde et de ce qui s'y passe parce que nous avons beaucoup de recul à la campagne. Quand on regarde les journaux télévisés, on se dit : «Putain, on est bien dans notre village et regarde comment d'autres en chient grave ! »
Mickey & Co
«C'est arrivé par hasard avec Indochine et ça a cartonné (J'ai demandé à la Lune, NDLR). Du coup, maintenant, on me demande tout le temps des collaborations. Mais je ne me mets pas la pression. Si cela m'inspire, je le fais. Autrement, je laisse tomber tout de suite. C'est comme cela que s'est passée la rencontre avec Jane Birkin (pour le morceau Je m'appelle Jane, NDLR). J'étais en tournée et n'avais pas trop le temps. Du coup, j'ai écrit un truc en une heure en me disant que si elle avait le même genre d'humour que moi ça marcherait.
Dans les choses plus récentes, Dick Rivers m'a appelé et m'a bien fait rire : «Allô, c'est Dick, le vrai. Non, tu ne rêves pas.» Le mec est assez rigolo et m'a bien inspiré. Je lui ai pondu trois chansons. Il a 60 ans mais encore 20 dans sa tête, la banane et pas mal d'autodérision. J'ai passé dix ans à me galérer à faire des concerts et à écrire des chansons. Maintenant, que des mecs comme Dick Rivers m'appellent, ça me fait délirer. En fait, je ne pense pas être bloqué si un artiste est naze ou pas. J'aurais plus de mal à écrire pour Céline Dion, c'est sûr, mais si elle m'appelait, avec son accent (il l'imite), peut-être que ça m'inspirerait un truc.»
Un été de festivals
Le 7 juillet au Sango Festival (Arvieu, 12), le 8 à Solidays (Paris), le 9 au Festival de l'eau (Embrun, 05), le 10 au Oulala Festival (Saint-Bonnet-le-Château, 42), le 12 au Festival de la Cote-d'Opale (Boulogne-sur-Mer, 62), le 13 au festival Poupet, les Arts à la campagne (Saint-Malo-du-Bois, 85), le 14 aux Arènes (Mont-de-Marsan, 40), le 15 aux Francofolies (La Rochelle, 17), le 16 à Dour Festival (Belgique), le 17 à Musilac (Aix-les-Bains, 73), le 19 au Théâtre de verdure (Gemenoz, 13), le 20 aux Arènes de Nîmes (30), le 21 aux Authentiks (Théâtre antique de Vienne, 38), le 22 au Paléo festival (Nyon, Suisse), le 23 aux Vieilles charrues (Carhaix, 29)...
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