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Premier emploi
Sandy Blain a fondé une société d'accessoires de mode : «La vie devant de soie»
Une PME entre la France et le Cambodge

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Céline Fontana, 30 novembre 2005
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Diplômée en d'actuariat, rien ne prédestinait Sandy, 28 ans, au design et à la fabrication d'accessoires de mode. Original, son parcours, au parfum d’humanitaire et d’Asie, a convaincu les jurys de nombreux prix.

Mi-septembre 2002, Sandy Blain obtient son DESS d'actuariat à l'Euro institut d'actuariat de Brest. Moins de 15 jours plus tard, cet ingénieur en finance s'envole pour le Cambodge. Pendant 18 mois, elle va travailler pour une ONG française afin de créer un programme de micro assurance santé en milieu rural. Le dimanche, elle file un coup de main à des amis bénévoles sur la décharge de Phnom Penh en distribuant nourriture et soins de base aux chiffonniers. Quand Pour un sourire d’enfant décide d'aider aussi les mamans en organisant des programmes de formation en couture, elle donne dix sacs à réaliser, « pour m'amuser en me disant que j'allais les offrir ».

Très vite, une idée germe dans l'esprit de Sandy. Elle réalise un audit des associations d'aide à la population - conditions de travail, rémunération, services annexes comme l'alphabétisation... - et en choisit trois pour développer un projet de formation identique. Faute de marché, même touristique, au Cambodge, elle décide d’exporter les produits en France. Première difficulté : dessiner des modèles - sacs, porte-monnaie, étoles... - répondant au goût occidental. Absolument pas préparée, Sandy se lance elle-même dans la tâche avec un bonheur évident. « Au début, j'ai fait des modèles basiques mais il y a tellement de coloris de soie que ça donne des idées. » Pendant plusieurs mois, elle mène de front les deux activités : actuariat le jour, design la nuit. Puis démissionne pour créer La Vie devant soie. Toutes ses économies (15 000 euros) y passent.

Sandy rentre en France en 2004 pour chercher des fonds. Elle présente de nombreux concours et emporte tranquillement le Défi jeunes Poitou-Charente, les Trophées du Routard, le prix de la Création d'entreprise Charentes-Maritimes (qui lui permet d'intégrer un incubateur) et le prix du ministère des PME, Ekilibre, qui lui apporte un label commerce équitable.

« Pour le moment, je n'ai qu'un quinzaine de distributeurs en France, précise-t-elle. Je vise le assez haut de gamme. » Sa société verra le jour officiellement le 1er janvier 2006 sous forme d'EURL. Une « solitude » qui reste finalement le principal handicap de l’aventure. « Je gère de la création à l'envoi dans les magasins : c'est beaucoup trop, je n'en peux plus ! Je vais au Cambodge deux fois par an, ce n'est pas énorme mais je passe des jours sur les marchés pour trouver les petits coupons de soie... » D’où la prochaine étape, logique : former ses propres tisseurs. Offrant à son personnel des salaires bien supérieurs aux normes locales, elle va aussi pouvoir bientôt, grâce au projet sur lequel elle avait travaillé en partenariat avec le ministère de la Santé, leur garantir une assurance.

Les moments de doute n'ont pas manqué. « J'ai failli abandonner une trentaine de fois. C''est dur de travailler avec un pays en voie de développement. Les délais n'existent pas. Les gens disent toujours oui mais... Il y a du stress quand on n'est pas sur place. Parfois je me suis dit « stop, j'ai fait de longues études, je pourrais travailler tranquillement en France ». Mais me retrouver au 140e étage d'un immeuble à La Défense... » Le plus drôle, au fond, c'est que Sandy ne se rappelle pas avoir jamais eu la fibre entrepreneuriale. « J'ai créé une société car il était évident qu'il fallait faire quelque chose. Je ne pensais pas tout laisser tomber. Mais je n'ai pas réfléchi, j'étais dedans. Je me rappelle juste avoir fait faire trois sacs et tout s'est décidé en quelques jours. Depuis, je suis à 150 à l'heure tout le temps ! »

www.laviedevantsoie.fr (site en construction)

CONCOURS
Pas toujours facile de créer son entreprise lorsqu'on est étudiant. Mathias Moribot, ancien de l'ESG, a fondé Petit Poucet, cabinet de conseil en stratégie pour les PME. Et, en souvenir du peu d'écho rencontré auprès des banquiers alors qu'il n'avait que 21 ans, il a décidé il y a quelques années de diversifier son activité vers du capital amorçage étudiant. Dans ce cadre, Petit Poucet lance la quatrième édition du Concours de création d'entreprise réservé aux étudiants.
Ce concours s'adresse en priorité aux grandes écoles d'ingénieurs et de commerce et quelques universités ayant des problématiques entrepreneuriale comme Paris Dauphine. Sa particularité ? Mettre en avant la personnalité du créateur, son implication dans le projet, l'adéquation entre son profil et ses envies. La page blanche proposée aux candidats pour exposer leur future réalisation, qui pourrait passer pour un gadget, va en ce sens. « Nous avons fait ce choix pour palier à quelques écueils remarqués les années précédentes : les gens ont du mal à décrire leur produit ou leur offre, à synthétiser ce qu'ils veulent faire, explique Mathieu Meny de Petit Poucet. On ne sait pas ce que l'on va recevoir mais cela ne doit pas prendre une trop grande importance. »
A l'issue du concours, les lauréats reçoivent une dotation financière (cinq prix entre 1500 et 3000 euros) et des mois de conseil. Par ailleurs, indépendamment des résultats, Petit Poucet fait des propositions d'entrée au capital aux dix meilleurs projets. La participation n'excède pas 15 % du nominal, avec des appoints en compte courant sur les trois premières années de développement, le tout pouvant aller jusqu'à des investissements de 50 000 euros. Le taux de viabilité de ces entreprises ? « Nous avons huit sociétés en portefeuille, aucune n'a déposé le bilan. Elles ne sont pas toutes en phase d'activité commerciale mais peaufinent leur offre », conclut Mathieu Meny.

www.petitpoucet.fr

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