Vous êtes ici : Emploi - Premier emploi
Rechercher :
Accueil FIGARO Etudiant
 
Claire Lehay : « La cuisine doit être innovante mais rester accessible. »
Crédit photo : (Thierry Bonnet)
 

Réagir dans le Forum

- Vous êtes en accord avec ce texte ou en profond désaccord. Faites entendre votre voix

..........................

Premier emploi
Claire Lehay donne des cours de cuisine dans le cadre de «l'Atelier gourmand»
Une affaire de goût

...................................................
Céline Fontana, 18 janvier 2006
...................................................

Ingénieur de formation, Claire Lehay a travaillé pour de grandes sociétés comme Bouygues Telecom ou Andersen Consulting. A 28 ans, la jeune femme choisit de se reconvertir en donnant des cours de cuisine. Une question de plaisir des papilles mais aussi une soif d'indépendance.

Claire Lehay n'aimait pas la chimie. C'est pour cette raison - qui en vaut une autre ! - qu'elle a choisi d'entrer à l'Isitem Nantes (Institut des sciences de l'ingénieur en thermique-énergétique et matériaux, il a fusionné avec d'autres écoles en 2000 pour devenir Polytech Nantes, NDLR) après un Deug de sciences. Une fois diplômée, elle est embauchée en CDI par Bouygues Télécom à Nice-Sophia Antipolis. « Quand on sort de l'école, qu'on est une fille de 22-23 ans, ce n'est pas facile. Beaucoup de gens venaient de Bouygues bâtiment, ils étaient sympas mais plus vieux, un peu machos, leur manière de manager ne me convenait pas. » Claire a alors l'opportunité de travailler pour Andersen Consulting (désormais Accenture). Nouvelle déception. « J'étais prestataire de service en informatique pour Auchan à Lille, une mission très intéressante mais cette stratégie « gagnant-gagnant », à l'américaine, m'a dégoûtée du monde de l'entreprise... »

Claire décide de se rapprocher de son Angers natal. Passionnée de cuisine, elle avait cherché, sans succès, des cours en 2003. L'idée fait son chemin. En février 2004, arrêtée car enceinte, elle s'attaque à plein temps à la concrétisation de l'atelier gourmand. Après avoir réalisé une étude de marché, elle commence à chercher un local, démarcher les artisans pour évaluer les travaux... La société voit le jour en mars 2005 sous la forme d'une EURL. Le financement initial est de 65 000 euros, 20 sous forme d'apport personnel, 45 sous forme de prêt sur sept. Avec, en cerise sur la gâteau, les 10 000 euros du prix national Envie d’agir, section entrepreneuriat.

Claire donne des cours de cuisine aux particuliers. Elle accueille jusqu'à 12 personnes dans un local spécialement conçu pour, avec gazinières, postes de travail... « Le principe est d'apprendre des choses que les gens peuvent faire chez eux, avec du matériel grand public et des ingrédients que l'on trouve dans le commerce. La cuisine doit être innovante mais rester accessible. » L'Atelier gourmand compte environ 200 clients. En décembre, il a accueilli des entreprises pour des séminaires, avec cours de cuisine le matin, déjeuner, puis réunion de travail. La jeune chef d'entreprise compte organiser des cours pour célibataire, des soirées couples…

La jeune femme a suivi une formation informelle avec un cuisinier pendant plusieurs mois. Cela lui donne-t-il la légitimité nécessaire ? « Je ne forme pas des cuisiniers professionnels, réplique-t-elle, c'est du loisir. Quand j'ai démarché les banques, on me disait : « Vous n'êtes pas professionnelle. » Je répondais : « Je n'ouvre pas un restaurant ! » » A 28 ans, Claire va bientôt pouvoir commencer à se payer et, surtout, elle se rend chaque jour à son travail avec plaisir. Elle a même pris goût à la chimie, version moléculaire, si importante dans la cuisine. « C'est passionnant ! J'adore les livres d'Hervé This, c'est une vraie référence. Je transmets ces infos-là : comment fonctionne la mayonnaise, pourquoi il ne faut pas ouvrir la porte du four pendant la cuisson des petits choux... »

www.atelier-gourmand.fr

ZOOM : UN FILM CONTRE UN FILM
60 % des DVD ne sont vus qu'une seule fois et finissent leur vie plein de poussière sur une étagère. Forts de ce constat, deux anciens de l'ESCP (promo 1995) ont décidé de créer Cinétroc.com en février 2005. Charles-Antoine Morand, six années de capital risque à son actif, apporte une approche financière, développement au projet. Pierre-Louis Lepic, venu de la Web Agency Business Interactif, possède une connaissance du Net du point de vue technique.
« Nous sommes partis du principe d'échange : un film contre un film, explique Charles-Antoine. Le concept est simple : on fait la liste des DVD que l'on a et de ceux que l'on veut. L'inscription coûte cinq euros par mois. On envoie un film à la communauté, il est estimé à tant de points, avec ces points on peut demander le film de son choix. Nous fournissons les enveloppes. Il suffit de poster le DVD avec un timbre à 53 centimes d’euros. C'est un système vertueux. La DVDthèque est constituée par les membres eux-mêmes, elle ne fait que grandir. » Cinétroc compte 13 000 titres et 25 000 membres.
Le développement de la société se fait d’abord en marque blanche. « Mistergooddeal ou M6 proposent notre service à leur marque, précise Charles-Antoine. Ils nous apportent du trafic. » Deuxième axe d'expansion : l'élargissement de l'offre. En décembre dernier, les deux compères ont créé Gametroc.com, un site d'échange de jeux vidéo sur le même principe qui compte déjà 14 000 titres. Prochaine étape : pourquoi pas les livres ?

Réagir dans le Forum

- Vous êtes en accord avec ce texte ou en profond désaccord. Faites entendre votre voix

..........................

Liens Sponsorisés