Premier emploi
Quelques heures avec Abdel Zarkani, vendeur chez Décathlon
«Il faut être passionné pour avoir du plaisir»
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Gaëlle Ginibrière, 09 février 2006
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Conseiller, sécuriser le client pour finalement réaliser la vente, intervenir dans la gestion des stocks et des commandes… Telles sont les nombreuses missions confiées aux vendeurs du groupe de création et de distribution d’articles de sports Décathlon. A la fois techniques et commerciales, et toujours très sport. Dans le jargon du magasin, on appelle ça « être sur la moquette ». Quelques heures de la journée de l’un de ses vendeurs.
Vendredi 20 janvier, 9 h 50. Dix minutes avant l’ouverture du Décathlon Wagram à Paris, Fabrice, le responsable du magasin, fait un brief à son équipe. « Nous n’avons réalisé hier qu’une petite progression par rapport à nos objectifs de janvier, mais nous avons quand même fait le cinquième chiffre de l’ensemble des magasins. Bravo donc à tous ! Je vous demande d’être collectifs et productifs. Aujourd’hui, je vous annonce aussi la prime trimestrielle qui, fin janvier, sera, pour les CDI de plus de trois mois qui en bénéficient, de 54% du salaire ». Applaudissements et encouragements, l’ambiance est des plus stimulantes pour démarrer la journée. La plupart des vendeurs présents sont là depuis 7 heures. C’est le cas d’Abdel Zarkani, 25 ans, vendeur dans « l’univers » Montagne depuis trois ans. Dispatcher les livraisons reçues le matin même par camion, remplir les rayons, ranger cabas et cartons pour faciliter la circulation dans les allées et veiller à ce que tout soit prêt pour l’accueil des clients dès l’ouverture : encore fermé, le magasin ressemble à une ruche, au milieu des bruits d’aspirateurs. Et Abdel n’est pas le dernier à s’affairer.
Le jeune homme est entré chez Décathlon, il y a maintenant sept ans. Il était alors en BEP, en stage tous les samedis. « J’ai ensuite continué avec un temps partiel de dix heures par semaine alors que je préparais un bac pro commerce, puis j’ai fait un BTS Action commerciale en alternance, toujours chez Décathlon », poursuit-il. Embauché à temps complet lorsqu’il a décroché son diplôme, il a depuis gagné en responsabilités. « L’avantage est que l’on est ici très autonome. Je me suis vu confier rapidement des responsabilités. Aujourd’hui, je m’occupe par exemple d’intégrer un jeune stagiaire et d’animer l’équipe, notamment les vendeurs à temps partiel ou en CDD », précise Abdel Zarkani tout en guidant les uns et les autres ou en répondant à leurs interrogations. Il faut dire qu’il s’exerce, aspirant à prendre du galon d’ici un an comme responsable de sport. Sans rien négliger de son travail de vendeur.
Formé à chaque innovation
« A Décathlon, j’interviens dans les commandes, la gestion… Ici, le métier de vendeur est très complet, plus que dans d’autres magasins où l’on s’en tient strictement à de la vente », souligne Abdel. Passant de la vente d’une planche de surf à celle d’après-skis, de combinaisons ou encore de fart, le jeune homme, formé à chaque innovation ou nouvel article, est incollable sur l’usage des produits et des vêtements, leur matière ou encore leur taille. Une dame prépare un voyage en traîneau dans le Grand Nord canadien ? Il sait la rassurer sur les vêtements à emporter et lui explique l’idée des trois épaisseurs à superposer. Un jeune homme est perdu dans l’abondante offre de pantalons de ski ? Il détaille aussitôt les propriétés de telle ou telle matière. Une maman hésite entre deux tailles ? Il sait trancher. Il prodigue même ses conseils au téléphone, à ceux qui souhaitent s’informer avant de se déplacer ou s’interrogent après consultation du site Internet.
Une mission polyvalente
L’avis d’un pro, c’est d’ailleurs ce que sont venus chercher la plupart des clients ce vendredi matin. « J’ai un rôle de conseil pour sécuriser le client dans ses achats, qui est d’autant plus important dans l’univers du ski », reconnaît Abdel. Mais sa mission de vendeur, décidément très polyvalente, ne s’arrête pas là. En une matinée, il aura servi pas moins de cinq fois de modèle à des mères ou des épouses déroutées face à des M, L ou XL énigmatiques. Gants, pantalons ou polaire, il aura tout essayé ! Et pas hésité à faire part de ses propres expériences pour étayer ses arguments. « Il est important de pratiquer un sport, car il faut être passionné pour avoir du plaisir à vendre et mieux répondre aux attentes des clients. C’est même une question que l’on m’a posée lors de mon entretien d’embauche. Ici, tous les vendeurs Montagne font du ski, de la randonnée ou un sport de montagne, sans compter les autres sports passion, comme pour moi le foot », indique le jeune homme. Un espace équipé d’appareils de musculation est même à la disposition du personnel au sous-sol du magasin. Pas de doute, Décathlon recherche bel et bien des vendeurs sportifs et dynamiques. Et qui ne doivent pas l’être que sur le papier. En quelques heures, Abdel Zarkani aura monté et descendu pas moins de 600 marches, arpenté d’un bout à l’autre les rayons, soulevé plusieurs paires de skis et planches de surf. Le tout au pas de course. A fond la forme...
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