Premier emploi
Julien Ponceblanc a fondé Urban Food qui développe des produits alimentaires
La glace fait un tube
...................................................
Céline Fontana, 13 février 2006
...................................................
La gourmandise n'est pas toujours un vilain défaut. L'histoire d'Urban Food démarre alors que son fondateur, Julien Ponceblanc, est encore étudiant à l'Essec. « Mon oncle organise un festival de musique et un ami à lui fabriquait des glaces pour renflouer les caisses de l'association. Il créait des parfums magnifiques : miel-meringue, violette-pistaches entières… se souvient le jeune homme une lueur de plaisir dans les yeux. J'ai pensé qu'il y avait des choses à faire sur le marché de la glace. »
Logiquement, il fait une étude de marché, rencontre de nombreux fabricants de glaces et sorbets... Un contact particulièrement chaleureux coïncide heureusement avec la fin de ses études et le voilà embauché pour s'occuper du développement sur l'Ile-de-France et la région Nord de Glaces des Alpes, une marque pour professionnels. « Il y avait plus de 150 parfums, évoque-t-il encore avec émotion, des glaces au Genepi, au Reblochon, à la rose... » Julien continue à creuser l'idée d'un nouveau produit. « La restauration rapide se développe toujours plus. Les gens ont envie que ça se passe vite, sans trop de protocoles, mais souhaitent bien manger, des produits authentiques, équilibrés, analyse-t-il. Très vite, j'ai pensé à des glaces et sorbets en tubes. »
Il quitte Glaces des Alpes, prend six mois pour ficeler le business plan et, en avril 2005, dépose les statuts de la société Urban Food sous forme de SARL. « J'ai trois associés minoritaires, relations et amis, pour me soutenir dans ma démarche. Le capital est de 11 000 euros. C'est raisonnable, mais mieux vaut avoir peu au début car on fait plein de bêtises et on dépense très mal ! » Cet argent a été utilisé pour développer le procédé de mise en tube – emprunté à l’univers des cosmétiques – d’Ice Pulp. Le problème était de respecter la chaîne du froid pour des produits fabriqués – par un artisan d’Ile-de-France- à moins six degrés, les machines n'étant pas prévues pour cela.
Cinq parfums sont proposés (mangue, framboise, pêche sanguine, figue, goyave) et des sorbets à base d'alcool sont en test à la Grande épicerie de Paris. « Evidemment, trouver des distributeurs a été délicat au début, poursuit Julien. Aucun ne voulait franchir le cap le premier. J'ai démarré grâce à des indépendants. Pour Lina’s, j'ai eu l'appui de l'acheteur contre l'avis de sa société. Il a référencé mes produits dans tous ses points de vente… » Problème : l'Ice Pulp ne se réduit-il pas à sa dimension « gadget » ? « Je me remets assez facilement en question, note Julien. Je me suis en effet très vite demandé quel serait le taux de ré-achat. Les premiers jours, je flippais, jusqu'à ce que Lina’s appelle pour dire : « Il faut nous réapprovisionner, ça cartonne ! » » Urban Food colle à sa cible, « les adulescents », « ces jeunes adultes qui n'ont pas fait le deuil de Captain Flam et Goldorak et veulent un produit ludique, esthétique, novateur... et bon. »
L'hiver est évidemment difficile à passer pour ce type de produit saisonnier, surtout pour une société qui démarre. Mais Julien a la tête pleine de projets pour l'été 2006 : une présence sur la côté d'Azur et la côte normande, de l'export en Suisse, Belgique et, peut-être au Royaume-Uni. Et un produit qui leur permettrait d'échapper à cette saisonnalité : une pâte de praliné... En tube, bien sûr !
www.ice-pulp.com
Réagir dans le Forum
- Vous êtes en accord avec ce texte ou en profond désaccord. Faites entendre votre voix
..........................