DOSSIER : Les entreprises qui recrutent de jeunes diplômés
Quelles perspectives de recrutement pour les jeunes diplômés ?
Des prévisions optimistes
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Caroline Beyer, 09 juin 2006
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Les conditions d'insertion des jeunes diplômés se sont améliorées cette année. C'est ce que révèle l'enquête menée par la Conférence des grandes écoles. Quant aux prévisions de recrutements des entreprises, elles sont optimistes, notamment dans les secteurs de l'audit-conseil et de la banque.
2 600 jeunes diplômés seront recrutés d'ici à la fin de l'année par le Crédit agricole. Chiffre identique annoncé par la Société générale ! 2 400 pour BNP Paribas, 1 300 pour le Crédit mutuel, 1000 pour le Crédit lyonnais... La banque recrute ! Les sociétés d'audit et de conseil également. 1 350 postes jeunes diplômés seront pourvus chez Unilog avant la fin de l'année 2006, 1 200 chez Altran, 1 200 chez Ernst & Young, 700 chez KPMG, 700 chez Sopra...
Les prévisions d’embauches sont bonnes pour les jeunes diplômés, dans la lignée de l'année 2005.
L'enquête menée en 2006 par la Conférence des grandes écoles auprès des diplômés des promotions 2005 révèle des conditions d'insertion plus favorables que les années précédentes. Deux diplômés sur trois déclarent avoir une activité professionnelle. 18 % recherchent un emploi (contre 20 % en 2005). Et, comme chaque année, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses à rechercher un emploi que les hommes : 20 % en moyenne (21,2 % chez les femmes ingénieurs et 18,2 % chez les diplômées d'écoles de management) contre 14,5 %... Enfin, 13 % sont en poursuite d'études, une proportion en baisse, ce qui constitue un signe encourageant.
Des besoins dans la banque de réseau
L'industrie automobile, aéronautique, navale et ferroviaire reste le secteur privilégié des diplômés des écoles d'ingénieurs avec 20 % des recrutements. Le secteur des technologies de l'information assure quant à lui près de 14 % des embauches devant le BTP et la construction (8,1 %) et les sociétés d'études et de conseil (7,9 %). Concernant les diplômés d'écoles de management, les cabinets d'audit, les sociétés d'études et de conseil et le secteur de la banque et de l'assurance ont recruté plus de deux diplômés sur cinq.
« Dans le secteur de la banque, les besoins les plus importants concernent la banque de réseau, souligne Thierry Majeux, directeur chez Robert Half international, spécialisé sur le domaine banque-assurance et finance d'entreprise. Sur les postes de chargés de clientèle professionnelle et entreprise, les banques recherchent des bac + 4/5 à dominante commerciale ayant un bon sens du risque car, aujourd'hui, il faut aller chercher le business chez les autres ! » Il met en garde les jeunes diplômés et leurs ardeurs concernant la banque de marché, d'investissement et l'Asset management (gestion de fonds). « C'est la banque dorée avec l'icône du trader qui gagne des sommes colossales ! Mais ce sont des métiers qui recrutent peu, uniquement des profils écoles de commerce de catégorie A et, surtout, de nombreux ingénieurs car, dans ce domaine, il y a beaucoup de mathématiques. Pour un recrutement en salle de marché, on en compte 20 dans la banque de réseau ! »
Toujours d'après l'enquête de la Conférence des grandes écoles, le montant du salaire moyen brut annuel des diplômés en emploi s'élève à 30 900 euros, soit une hausse de 2 % par rapport à la promotion 2004 (30 300 euros). Ce sont les diplômées d'écoles d'ingénieurs qui bénéficient de l'augmentation la plus élevée avec + 3,6 %. Il faut dire que, malgré cette hausse, elles enregistrent le salaire le plus bas, avec 28 500 euros... Les diplômés des écoles de management de sexe masculin, avec une augmentation de 2,8 %, bénéficient quant à eux du salaire moyen le plus élevé.
DE QUOI REVENT LES ÉTUDIANTS ?
Quelles sont les entreprises les plus appréciées par les étudiants ? Réponse dans le classement établi par la société d'études Universum qui a interrogé plus de 7700 élèves de grandes écoles. Du côté des écoles de commerce, LVMH arrive en tête, suivi de L'Oréal - qui occupait depuis 2002 la première place du palmarès -, et Air France. Les ingénieurs ont quant à eux plébiscité EADS - également premier l'année précédente -, PSA et EDF.
Cette année, Universum a innové en établissant parallèlement un classement prenant en compte uniquement les 17 grandes écoles réputées (sept écoles de commerce et dix écoles d'ingénieurs). Les résultats sont sensiblement différents. Pour les écoles de commerce, arrive toujours en tête LVMH, puis The Boston Consulting Group et McKinsey & Company. De manière générale, les cabinets de conseil et les grandes banques d'affaires - JP Morgan, BNP Paribas, Goldman Sachs, Morgan Stanley - recueillent les faveurs des futurs managers. Quant aux étudiants des dix meilleures écoles d'ingénieurs, leurs préférences vont à EADS, Dassault Aviation et PSA.
Parmi les objectifs professionnels poursuivis par les jeunes diplômés trois ans après l'obtention de leur diplôme, arrive en première position l'équilibre entre vie personnelle et carrière professionnelle, suivi de l'ambition de travailler à l'international. Si étudiants d'écoles de commerce et d'ingénieurs se retrouvent sur ces deux points, leurs ambition divergent ensuite : alors que les élèves d'écoles de management souhaitent « atteindre une situation financière solide », ceux d'écoles d'ingénieurs veulent « diriger des projets ». Ces divergences se retrouvent au niveau des qualités attractives des entreprises : si tous recherchent en premier lieu des opportunités de carrière à l'international, les étudiants d'écoles de commerce souhaitent ensuite recevoir une « rémunération compétitive » alors que les futurs ingénieurs préfèrent la « diversité des missions ».
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