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A Paris-IV, où le débat Barnier-Cohn-Bendit-Moratinos a eu lieu, ce n'est pas la présidence qui a autorisé la conférence, mais le rectorat.
Crédit photo : (Photo AFP.)
 

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Référendum
Le rôle des grandes écoles et universités
La polémique

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Maïté Sélignan , 17 mai 2005
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De nombreuses voix s'élèvent parmi les étudiants pour réclamer des débats pour le non au sein de leurs établissements. Il est vrai qu'ils sont minoritaires. Mais ce n'est pas forcément le fait des écoles et universités. A Paris-IV, par exemple, où le débat Barnier-Cohn-Bendit-Moratinos a eu lieu, ce n'est pas la présidence qui a autorisé la conférence, mais le rectorat. A la présidence de Paris-IV, on se défend de prendre position pour un côté ou un autre : «Attac a diffusé un communiqué disant que la présidence n'acceptait que des conférences pour le oui. Or nous n'avons reçu aucune demande et, par conséquent, nous n'avons pas pu refuser. Le président n'a donné d'autorisation à aucun politique et il n'en donnera pas. Le débat Barnier-Cohn-Bendit-Moratinos a été autorisé par le rectorat.» Effectivement, le rectorat confirme que la salle accordée pour le débat a été louée aux associations Jeunes Décideurs européens et Europe Métropoles pour 3 400 €. Ce que toutes les associations étudiantes ne peuvent pas s'offrir.

A Assas aussi, la situation est délicate. Dominique Perben est venu faire un débat dans le grand amphithéâtre en avril mais, d'après l'administration, il est très rare qu'un politique franchisse les portes de l'université. A l'Unef, on regrette pourtant qu'aucune voix pour le non ne se soit fait entendre à Assas. Des étudiants auraient tenté de faire un débat contradictoire à l'université mais, selon l'administration, ils n'ont pas réussi à réunir assez d'intervenants pour en faire un débat équilibré. A la communication de Nicolas Dupont- Aignan, partisan du non, invité de ce débat, on pense plutôt que la «direction d'Assas n'a pas souhaité l'inviter».

Reste que les politiques pour le oui se déplacent plus facilement en école de commerce qu'ailleurs. Nicolas Sarkozy, par exemple, est allé à Euromed Marseille, à l'Essec, à Audencia Nantes, à l'ESC Montpellier et à l'ESCP-EAP.

A Audencia, pour «équilibrer le débat», le BDE a invité la semaine suivante... Dominique Strauss-Kahn, partisan du oui ! De toute façon, l'école ne fait pas un mystère de ses préférences : «L'Europe est une priorité pour nous», rappelle Florence Lesavre, responsable de la communication. Et, visiblement, les étudiants ne sont pas particulièrement choqués de ne pas entendre les arguments d'un partisan du non. «C'est normal que l'école invite les deux plus grands partis politiques en France. Cela ne me choquerait pas qu'il n'y ait pas de représentant du non», explique Arnaud, 23 ans.

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