Vous êtes ici : Dossiers Spéciaux - Référendum
Rechercher :
Accueil FIGARO Etudiant
 
Jean-Luc Mélenchon et François Baroin.
Crédit photo : (Photos Le Figaro.)
 

Réagir dans le Forum

- Vous êtes en accord avec ce texte ou en profond désaccord. Faites entendre votre voix

..........................

Référendum
A Troyes, un débat organisé par les étudiants en présence de François Baroin et Jean-Luc Mélenchon
«Une génération désenchantée» ?

...................................................
Troyes : de notre envoyée spéciale Anne Jouan , 17 mai 2005
...................................................

Vendredi soir, au Théâtre de Champagne, François Baroin, député maire UMP de Troyes, débattait du traité constitutionnel avec le dissident socialiste, Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne. Sans revenir sur les arguments des participants, comment les étudiants ont-ils réagi à l'un des rares débats contradictoires proposé au cours de cette campagne.

«J'aime la politique. C'est dommage que les étudiants soient désenchantés alors que voter est fondamental», lance Grégoire, 20 ans, en 2e année d'histoire – après avoir raté le concours de Sciences po. Le jeune homme a les cheveux peignés en arrière, il porte une chemise à rayures ouverte, une veste en velours bleu marine et des souliers en cuir parfaitement cirés. Il faut dire qu'il est l'un des organisateurs du débat de ce soir.

«Désenchanté», le mot est lancé. Et de fait, ils sont peu nombreux les étudiants à avoir fait le déplacement, une quarantaine sur les deux tiers des quelque 1 100 places que compte le théâtre. Mais Pauline Roy, 19 ans, l'autre organisatrice de la soirée, n'est pas étonnée : «Nous sommes vendredi soir, alors ils rentrent tous chez leurs parents, sans compter que c'est une période de partiels, surtout pour l'ESC.» Il n'empêche, Grégoire est déçu : «Nous avons distribué 15 000 tracts, collé 250 affiches, fait appel à la presse locale. Pendant deux semaines, au Resto U, il y a eu de la pub pour le débat sur les serviettes en papier, soit 12 000. Si ça leur a échappé, ils l'ont fait exprès. C'est du je-m'en-fou tisme !»

Ce projet, «amphis d'Europe», sous l'égide de la Fage, a commencé il y a plus de deux mois. Au départ, 25 villes avaient été retenues pour sensibiliser les étudiants au traité constitutionnel. Mais Troyes n'avait pas la taille critique. Grégoire et Pauline ne se démotivent pas pour autant. Ils décident d'organiser des débats dans leur ville avant que le ministère n'accepte de les sponsoriser également (l'enveloppe allouée s'élève à 5 000 €). Ils ont multiplié les demandes d'interventions auprès des hommes politiques, se sont heurtés aux standards de l'Assemblée et du Sénat.

Avec l'allure décontractée qui sied aux scientifiques, quatre étudiants de l'Université de technologie de Troyes prennent place. Florent explique qu'il va «voter oui, pour l'instant». S'il vient, c'est qu'il n'est «pas borné», qu'il veut «écouter les arguments des autres». Il avoue comprendre certaines critiques du non de gauche, notamment sur l'Europe sociale. «Les partisans du oui disent que c'est la politique du pays, et non le traité, qui sera ou non social. Alors je ne sais plus quoi penser...». Fabrice est plus assuré : «Il faut voter oui, c'est l'avenir. On ne doit pas tourner le dos à tout ce qui a été fait depuis 50 ans.» Thomas, «déterminé pour le oui», renchérit : «Ce texte comporte de bonnes et de mauvaises choses. La France doit rester une puissance, si elle vote non, elle perd sa crédibilité.» Philippe se prononce «plutôt pour le oui», même s'il n'en est pas encore sûr : «Les institutions européennes ne sont pas efficaces et la constitution permettrait de prendre des décisions plus rapidement.» A donner chacun leur avis, les voilà qui commencent à débattre : «Dire non, ce n'est pas non plus être contre l'Europe», lance l'un. «Certes, mais si tu dis non, c'est non, point», répond l'autre. «Ceux qui sont pour le oui nous mettent le couteau sous la gorge, c'est abusé !», «C'est une bonne chose que de faire voter les gens», «C'est malsain quand Chirac dit qu'on n'a pas le choix»...

Mathias, 27 ans, quitte le théâtre avant la fin. «Je passais devant quand j'ai vu qu'il y avait un débat.» Au départ partisan du non, ce diplômé de l'UTT s'avoue indécis : «Ce soir, ils parlaient de points que l'on n'entend pas d'habitude. Mais c'était technique, je me suis noyé dans leurs explications. Il y avait beaucoup de rhétorique.»

A l'entrée, un paquet de badges appelant au «non» à la main, Flavien, un jeune homme membre de Pour la république sociale (association fondée en 2004 par Jean-Luc Mélenchon), invective Grégoire. Il lui reproche d'avoir disposé à l'entrée des livrets du ministère des Affaires étrangères : «Si je t'avais donné mes livrets, tu les aurais mis ?» Grégoire répond qu'il s'agit de textes à visée pédagogique, non partisans. Le mot fait bondir Flavien qui regrette que «les indécis n'aient pas les moyens de se faire une idée». Un argument de mauvaise foi puisque, sur scène, les deux points de vue s'affrontaient mais révélateur du sentiment des partisans du non d'être les victimes d'une propagande d'État.

Réagir dans le Forum

- Vous êtes en accord avec ce texte ou en profond désaccord. Faites entendre votre voix

..........................

Liens Sponsorisés