Référendum
Valéry Giscard d'Estaing à HEC
«La réflexion est en cours»
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Maïté Sélignan , 24 mai 2005
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Valéry Giscard d'Estaing, président de la convention sur l'avenir de l'Europe, à l'origine du traité constitutionnel européen, est venu défendre sa vision du texte à HEC, le 12 mai dernier. Morceaux choisis.
Légitimité d'un référendum. «Les Français n'ont pas la culture référendaire. Les Suisses, eux, organisent des référendums sur des textes tout le temps. La malchance a voulu que le début de la campagne coïncide avec une crispation socio-économique en France. La courbe de confiance des Français et celle du non se superposent exactement. Mais, depuis quelques semaines, les Français se tournent vers la Constitution. Le traité est d'ailleurs un grand succès de librairie. La réflexion est en cours et cela justifie la procédure du référendum.» Pondération des voix. «Il existait une parité naturelle depuis l'origine entre la France et l'Allemagne. Les deux pays comptaient à peu près le même nombre d'habitants. Après la réunification, l'Allemagne est passée à 82 millions d'habitants. Avec le traité de Nice, nous avons obtenu le même droit de vote que les Allemands, avec 29 voix chacun. Mais le coût a été très élevé au niveau de notre représentation, qui était très réduite par rapport aux autres. Par exemple, la Pologne a obtenu 27 voix. Le couple franco-allemand a donc, pour le moment, 17% des voix. Avec la Constitution, nous en aurons 31%, et 49% pour les pays fondateurs. De plus, j'ai proposé une clause pour renégocier ceci tous les dix ans, à cause de l'évolution de la démographie.» Polémique sur la troisième partie. «Avec cette troisième partie, nous voulions annuler les traités existants et avoir un texte unique car, sinon, cela aurait été une confusion totale. Sans troisième partie, nous faisions disparaître les politiques de l'Union. Il fallait donc tout revoter : les dispositions sur l'agriculture, la justice, etc. Ces décisions étaient déjà prises, elles servent de base au futur.» La défense et l'Otan. «La politique de défense de l'UE ne se fait pas dans le cadre de l'Otan, mais les engagements pris devront être compatibles avec ceux pris avec l'Otan. Nous avons été obligés de le stipuler à cause des pays de l'Est, car ils ont une grande préoccupation de sécurité vis-à-vis de l'Union soviétique.» Limites géographiques. «Dans la Constitution, il est inscrit que l'Union est ouverte à tous les Etats européens. C'est assez clair. Il suffit d'acheter un atlas pour voir que la Turquie est en Asie. La seule difficulté se situe entre la Pologne et les voisins de l'Est.» Renégociation. «Nous avons obtenu satisfaction sur toutes nos demandes. Si les Français se mettent en marge, les autres diront : «Réglez votre problème.» Et d'ailleurs, ceux qui refusent la Constitution le font pour des raisons opposées aux nôtres !»
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