Société
La perception par les jeunes et les seniors de l'entreprise
Les jeunes confiants en leur avenir
...................................................
Maïté Sélignan , 24 mai 2005
...................................................
Bonne nouvelle dans la morosité ambiante : les jeunes seraient plutôt confiants à l'égard de leur avenir professionnel ! C'est l'étonnante révélation d'un sondage Ipsos/CGPME pour Planète PME, la journée nationale de la CGPME, qui se tiendra le 14 juin.
D'après cette étude, les trois quarts des jeunes âgés de 15 à 25 ans se déclarent confiants sur leurs perspectives professionnelles et ce, quels que soient leur âge, leur origine sociale ou leur niveau de formation. Mais il convient d'apporter une nuance... de taille : ce sont les 15-19 ans qui sont les plus optimistes, alors que les plus âgés (20-25 ans) et les personnes travaillant déjà apparaissent un peu moins convaincus !
Le choix des jeunes ? La fonction publique est encore une fois grande gagnante. 36% des jeunes interrogés souhaitent idéalement y travailler et plus particulièrement les femmes, les 20-25 ans, les actifs, les provinciaux et les moins de bac + 3. «Ca me paraît logique, réagit Anne-Sophie, en première année à l'ESTP. Ce sont des métiers qui donnent une certaine sécurité de l'emploi. C'est ce que beaucoup de jeunes recherchent.»
Juste derrière, 35% des jeunes déclarent être attirés par les PME. Quant à la désaffection pour les entreprises de plus grande taille, elle se confirme : – 9% en deux ans. «Ce résultat m'étonne, déclare Marie-Anne, 21 ans, étudiante à l'EM Lyon. Dans mon entourage, les gens cherchent plus à entrer dans les grandes entreprises. Pour un diplômé d'école de commerce, c'est peut-être plus important de trouver son premier emploi dans une grande société, pour sa notoriété d'abord et pour les techniques qu'on va y apprendre ensuite.»
Sans surprise, c'est la communication qui suscite le plus l'envie chez les jeunes (73%). Sylvie, étudiante en licence d'information-communication à Assas, confirme : «Cela reflète la société d'aujourd'hui, le tout-communicationnel.» A la traîne, l'hôtellerie-restauration (45%) et le bâtiment (34%).
Côté formation, les jeunes sont 57% à considérer que l'enseignement qu'ils ont reçu ou qu'ils reçoivent les a suffisamment préparés à entrer dans la vie active. 41% pensent le contraire, 48% chez les plus âgés d'entre eux.
Autre question posée aux sondés : vaut-il mieux travailler dans une entreprise qui offre rapidement un emploi ou choisir de travailler dans le secteur qui vous intéresse le plus, quitte à retarder l'entrée sur le marché du travail ? Les jeunes sont 63% à pencher pour la première solution. Les seniors, eux, seraient 74% à conseiller la même chose à un jeune. Alors, les seniors, la vie professionnelle est-elle si difficile ? Apparemment, car ils ne sont que 60% à être confiants sur leur avenir professionnel, contre 74% des jeunes. Mais, bonne nouvelle pour le pont entre les générations, les uns comme les autres sont persuadés de l'apport des collègues plus âgés sur le travail des débutants. La très grande majorité des jeunes reconnaît que, pour un jeune embauché, être formé par un senior permet d'acquérir une expérience et un savoir-faire inégalable (86%) et d'être moins stressé «car il y a quelqu'un pour réparer les erreurs» (76%).
Sans compter qu'ils sont 90% à penser qu'être formé et accompagné par un collègue plus âgé est un avantage tant pour le jeune que pour l'entreprise. «Il est plus facile de commencer à travailler dans une entreprise quand quelqu'un sait ce qu'il faut faire et vous l'explique, confie Damien, en deuxième année à l'Essec. Mais l'âge importe peu, c'est l'expérience dans la société qui compte.» Et le mythe des conflits générationnels au travail ? Les jeunes sont 70% à considérer qu'il n'existe pas et 78% qu'un encadrement n'empêche pas le jeune qui débute de progresser ou de faire ses preuves. «Lors de mon premier stage, j'ai été rassurée que quelqu'un de plus âgé soit derrière moi, confirme Marie-Anne. Quand on n'est pas vraiment sûr de soi, c'est bien d'avoir une personne sur laquelle on peut compter». «En tout cas, les seniors sont plus tolérants que les plus jeunes, explique Sylvie, parce qu'ils sont plus installés, ils craignent moins qu'on prenne leur place !»
Planète PME, la journée nationale de la CGPME, le syndicat des PME, le 14 juin de 8 h 30 à 19 heures au Palais des congrès de Paris, 2, place Porte-Maillot, Paris XVIIe. Rens. : www.planetepme.org
Réagir dans le Forum
- Vous êtes en accord avec ce texte ou en profond désaccord. Faites entendre votre voix
..........................