Société
Première édition du concours de l'éthique professionnelle
A la recherche de l'intégrité
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Maya Dujardin , 24 mai 2005
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Les défenseurs de l'éthique auraient-ils du souci à se faire ? Les malversations commises chez Enron, Worldcom ou encore Vivendi incitent à penser que, ces dernières années, les dirigeants des grandes sociétés ne s'embarrassent plus de telles valeurs ! Si, du côté des entreprises, le doute est permis, côté étudiant, la relève est en marche. L'éthique est au coeur des débats. A l'heure de la mondialisation et de l'effacement des repères dans de nombreux domaines de la vie économique, sociale et politique, l'introduction d'une dimension morale dans tous les champs de l'activité humaine se fait ressentir.
Créée à l'initiative du Rotary International, en partenariat avec la Conférence des grandes écoles, la première édition du prix national «Promotion de l'éthique professionnelle, étudiants d'aujourd'hui, professionnels de demain» a attiré une soixantaine d'étudiants. Issus de 45 grandes écoles, ils ont travaillé pendant plusieurs semaines pour rendre leurs essais. «Il s'agissait d'inciter les étudiants, futurs décideurs et acteurs privilégiés du devenir de la société, à réfléchir sur l'importance des comportements éthiques associés à l'action professionnelle : prise de décision, diffusion de l'information, management d'é quipes, évaluation des risques, application du principe de précaution...», explique France Ogier, présidente de l'Action professionnelle et présidente du jury.
Quatre étudiants ont été récompensés lors de la remise des prix qui s'est tenue à Toulon le samedi 30 avril dernier : Vanessa Theviot, étudiante à l'Institut des sciences de l'ingénieur de Clermont-Ferrand, John Toutain, de l'Edhec, Cyril Bekkers, de l'Ecole supérieure de commerce et de technologie de Toulon, et Christèle Bigot, du Ceram de Sophia-Antipolis. Pour chacun d'eux, l'éthique est loin d'être une valeur abstraite et mal définie. «En tant que futur ingénieur, je sais que j'aurai des choix à faire au cours de ma vie professionnelle, commente Vanessa, grand prix interrégional. Je serai certainement confrontée à des réflexions d'ordre éthique, c'est pourquoi je trouvais important d'y réfléchir dès maintenant.» Pour Christèle, prix spécial du concours : «Si une entreprise ne prend pas en compte les concepts de bonne gouvernance, elle ne peut pas s'accroître économiquement. Or j'ai pu constater au cours de mes stages que certaines PME ont encore beaucoup de mal à mettre en pratique ces principes.»
Bien conscients qu'ils seront les décideurs de demain, les lauréats ne se sont néanmoins pas privés de défendre une valeur qui leur est chère. «En école de commerce, on nous apprend à devenir des chefs d'entreprise, lance John, prix du district. Mais nous n'avons pas tous les dents qui rayent le plancher. Nous sommes animés par des valeurs qui nous motivent, comme l'éthique professionnelle.» Loin des seuls discours théoriques qui donnent bonne conscience, les réflexions des étudiants tentent aussi d'apporter des solutions. «Si nous définissons bien les postes des salariés ainsi que ceux de leurs collègues et si nous leur expliquons bien les conséquences de leurs actes par rapport au résultat final, ils se sentiront plus impliqués, analyse Cyril, prix spécial du jury. Et s'ils se sentent plus impliqués, ils feront davantage attention à la dimension éthique de leur profession, et le travail n'en sera que meilleur.»
Tél. : 04.94.93.03.05
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