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Société
Test de la rédaction : les rencontres sur le Net avec Meetic
Le jeu du «chat» et de la souris

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La rédaction, 08 février 2006
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Numéro 3 mondial après match.com et le réseau match.fr, Meetic s'impose aujourd'hui comme le leader européen de la rencontre en ligne. Présent dans 13 pays d'Europe et disponible en neuf langues, Meetic compte plus de 13,9 millions de « profils » enregistrés depuis sa création en 2002 par Marc Simoncini, son actuel PDG. Le groupe déploie aujourd'hui une stratégie par tranche d'âge. Après le lancement d'Ulteem by Meetic, site de rencontres basé sur les affinités psychologiques à destination des plus de 35 ans, le groupe attaque de front les 18-25 ans avec Superlol, lancé le 3 janvier dernier. Superlol est un service communautaire mixant le networking social (réseaux d'amis), la « gestion » de groupes et de communautés ainsi qu'un outil de messagerie instantanée couplé avec le téléphone mobile. Une concurrence pour les versions mobiles de MSN Messenger et Skymessenger.

La rédaction du Figaro Etudiant a choisi de s'intéresser à Meetic, là où tout a commencé... Pour vous lecteurs, nous nous sommes risqués à tester. Nous n'avons pas hésité à nous inscrire, nous décrire en toute sincérité (religion, poids, taille...) et mettre des annonces en ligne. Nous avons « flashé » à tout va, « chatté » des heures durant, certains même ont donné leur photo... Notre mission : décrocher un rendez-vous. Raté pour certains.

Garçons : être tenace et original
Romance rapide. Prix de l'inscription mensuelle sur Meetic pour un garçon : 29,45 euros. « Bienvenue dans un univers où les maîtres mots sont plaisir et joie de vivre. » Cette annonce banale et sans photo n'a pas attiré les foules. Il a fallu prospecter : 81 filles sélectionnées, une centaine de flashes, une farandole de mail ou de tentative de « chat » polis. Les retours ? Rares : deux filles ont flashé, une dizaine ont tenté de me joindre. Deux sont venues visiter spontanément mon profil. Conclusion : un homme doit prolonger le chat (original si possible) pour appâter l'interlocutrice. « Montre ta photo et chattons pour nous connaître avant peut-être de nous rencontrer » : voilà l'antienne. Encore faut-il réussir à prendre contact : la plupart des « girls on line » sont monopolisées sur le chat.

Finalement, se concentrer sur quelques profils s'avère payant. Une jeune fille accepte d'appeler le numéro de téléphone envoyé par e-mail. Un rendez-vous est fixé d'ici trois jours. Elle a 18 ans, vit en banlieue. S'est inscrite sur Meetic « parce que c'est gratuit pour les filles et pour voir ». Elle s'est prise au jeu. Elle n'exclut pas de « sortir avec un garçon de Meetic ». Rendez-vous à la gare près de chez elle. Elle correspond au profil affiché on line. Le rendez-vous reste platonique : « Il faut qu'on se revoit plusieurs fois avant d'envisager quelque chose ». Seule consolation : « Physiquement, t'es pas trop mal. C'est un bon début. »

Le profil « croque la vie » a la cote
Lovemipleaselovemi : « Jolie étudiante en langues cherche étudiant pour tous types d'échanges. Fêtarde, pétillante et gourmande, je croque la vie à pleines dents... Pourquoi ne pas la croquer à deux ? » Avec un pseudo aussi mièvre et une annonce aussi consternante, je m'attends à un bide magistral. D'autant que je refuse de céder à la dictature de la photo. Mais il faut croire que le profil de l'étudiante coquine cultivant le mystère a la cote. Mon Meetshake m'indique que « plus de 1000 Meetic boys cherchent quelqu'un comme moi ». Entre ceux, perspicaces, qui ont vu le clin d'œil à Michel Polnareff et m'envoient des « je suis fooou de vooous ! » et ceux, plus pragmatiques, qui veulent croquer la vie à pleines dents avec moi, je ne sais que choisir. Jusqu'à ce que cet étudiant en droit de 23 ans « flashe » sur moi. Il a eu l'outrecuidance d'oser la photo torse-nu en contre-plongée et le surnom Beaugosseintello. Je jette mon dévolu sur lui : « Tu portes bien ton pseudo au moins ? ». « Je le porte en sautoir, lorsque je suis nu », me répond-il. Bingo ! Au bout de 48 heures de chat, rendez-vous est pris pour un apéro. Je le préviens que je ne lui ferai pas le coup de la rose entre les dents. Et de me répondre : « T'as qu'à te le mettre dans le c... J'irai la chercher, j'adore les fleurs ! ». La grande classe. Face à moi, il ne réitère pas cet écart de langage. Mais j'ai droit à tous les poncifs sur l'amour, l'éducation à Versailles, l'avenir de notre planète... J'écoute ce sosie de Paul Belmondo pérorer pendant une heure. A la deuxième citation de Marx, je lève le camp. « J'imagine qu'on ne se reverra pas ? », me demande-t-il avec des yeux de cockers. Surtout pas, malheureux.

Trois cyber râteaux !
Eoliaaa : « Curieuse, drôle, et avide de nouvelles expériences, je souhaite trouver sur Meetic une personne qui ne s'intéresse pas uniquement à mon physique. » Kristofino est le premier à me contacter. Arrivé à Paris depuis septembre pour ses études, il cherche quelqu'un pour lui faire découvrir la capitale... Je lui propose un rendez-vous sur le champ ! « Pour le moment, je n'ai pas trop de temps. J'ai des partiels les deux semaines qui viennent », me répond-il mollement. « Bonne soirée, je vais à la salsa », ajoute-t-il… Fort heureusement, reste Mister-chandler et sa longue prose matinale. Il me tanne pour une photo que je lui envoie. Et puis, bizarrement, plus de nouvelles...

Pourtant, la dite photo, prise avec mon téléphone portable, est de piètre qualité, comme me le fait remarquer Feudebrousse. Mes échanges avec lui ont débuté après que l'ai complimenté sur le choix de son pseudo... Quelques mails plus tard, il m'envoie sa photo - que je lui ai demandée - et son numéro de portable - que je n'ai pas demandé -. Sur MSN - où beaucoup me donnent rendez-vous pour chatter -, nous convenons d'une rencontre. Le jour dit, Feudebrousse est « offline ». Je l'appelle. Il me répond qu'il travaille ! Les hommes sont des goujats aussi sur internet.

Rebondissement le lendemain avec un mail inattendu de Mister-chandler. Il m'annonce froidement que nous ne voulons pas la même chose. « Moi, je recherche une aventure », précise-t-il. Je lui fais gentiment remarquer que je n'ai jamais rien dit de mes attentes... La réponse fuse : « Alors une aventure ne te déplairait pas ? Mais je ne sais même pas comment tu es ! Quelles sont tes mensurations, par exemple, chère Eoliaaa ? » Ici s'arrête mon expérience Meetic. Après trois cyber râteaux !

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