Société
45 % des étudiants demandent des actions de prévention sur l'équilibre alimentaire
Le b.a.-ba, c’est déjà ça
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, 06 mars 2006
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La santé vient en mangeant ! A force de le répéter, le message finit par rentrer. Même dans le crâne des étudiants, pourtant réputés mauvais élèves en matière de nutrition. Au printemps dernier, l’enquête « Santé des étudiants », menée par l’Usem (Union nationale des sociétés étudiantes mutualistes régionales), a démontré que l’équilibre alimentaire venait en premier lieu dans leurs demandes de prévention. Une sensibilisation qui s’est faite progressivement, notamment grâce aux différentes campagnes du gouvernement et des mutuelles. Mais de la prise de conscience aux actes, le chemin est encore long… Témoignages.
Repas sautés et grignotages à longueur de journée : voilà à quoi se résume souvent le régime étudiant. Manque de temps ? Problème budgétaire ? Carences en informations ? Les excuses sont multiples. Mais, chez certains, la volonté de lutter contre la malbouffe est là. En effet, ils sont 45 % à demander des actions de prévention sur l’équilibre alimentaire. Une demande qui s’accroit depuis quelques années puisqu’ils n’étaient que 41 % à s’en préoccuper en 2003. Sans surprise, cette attente est plus forte chez les jeunes femmes - 49 % contre 39 % des hommes - et chez les étudiants vivant en logement indépendant (48,5 %) . A l’image d’Ingrid, 23 ans, qui a quitté le foyer familial il y a un an. « Depuis que j’habite seule, explique-t-elle, j’ai une alimentation nettement moins variée et, comme je suis gourmande, j’ai tendance à me lâcher sur les paquets de gâteaux. » Pour se rassurer, cette étudiante en allemand à la Sorbonne s’est donc rendue à la consultation diététique mise en place par la Smerep. « J’ai dû prendre une taille seulement en quatre ans mais, comme toutes les jeunes filles influencées par la mode, cela m’inquiétait. » Elle repart avec quelques bons conseils nutritionnels en poche et une conscience allégée. Bilan : pas de quoi s’inquiéter, il faut simplement manger plus varié. « La diététicienne m’a tenu exactement le même discours que ma mère mais on fait davantage confiance à un docteur », reconnaît-elle.
Le stress de grossir
Victorine, elle, est une adepte des régimes. Son stress principal ? Grossir. « Je suis plutôt calée niveau alimentation car je suis déjà allée voir des nutritionnistes », assure l’étudiante de 19 ans en histoire de l’art. Ce qui ne l’empêche pas de faire sa propre tambouille : « Quand je fais un régime, je préfère mincir vite en ne mangeant presque rien plutôt que de manger équilibré et mincir sur une plus longue période ». Pas d’états d’âme sur la méthode, seul le résultat compte ! Une fois son objectif atteint, la jeune fille revient à sa diète de prédilection, à base de pâtes et de pizzas. Sa consommation de légumes, elle, ne franchit pas la porte du domicile familial. Car c’est encore là que les étudiants bénéficient de l’alimentation la plus équilibrée. C’est le cas de Laura, étudiante de 18 ans en histoire à Nanterre : « Vivant encore chez papa/maman, je fais de vrais repas et mange des légumes tous les jours ». Et, comme les bonnes habitudes ne se perdent pas, lorsqu’elle est à la fac, Laura préfère le RU au snack. « Pour 2,70 euros, on y mange entrée, plat, fromage et dessert et c’est plutôt correct ». Pour si peu cher, les étudiants auraient tort de s’en priver. Et c’est bien le problème, selon Paul. « Je ne déjeune jamais au RU car la queue y est interminable et je suis souvent à la bourre », rouspète le jeune homme de 20 ans en licence de biologie à Jussieu. « Du coup, je me rabats sur les multiples sandwicheries alentours ». Son repas type ? Le sandwich-crudités. « Pas pour les crudités mais parce que c’est le moins cher. Et puis honnêtement, il faut trouver la feuille de salade au milieu de toute cette mayonnaise ! » Quand il n’a pas d’argent, il saute carrément le déjeuner. Une à deux fois par semaine en moyenne. Que fait-il des risques, à long-terme, d’une mauvaise alimentation ? « J’évite d’aller dans les fast-foods, j’ai donc une semi-conscience », se défend-il. Avant d’ironiser : « je me sens comme tous les étudiants : jeune et immortel ! »
Selon l’enquête Usem « Santé des étudiants 2005 », exploitation : Fnors
LA SMEREP SOIGNE LA LIGNE DES ÉTUDIANTS
Il y a quelques mois, il ne serait jamais venu à l’idée d’Ingrid de se rendre chez un nutritionniste. Mais depuis janvier, la chose est devenue envisageable pour elle et les quelque 40 000 adhérents de la Smerep (Société mutualiste des étudiants de la région parisienne). Grâce à la première Consultation diététique pour les étudiants, ils peuvent consulter gratuitement auprès d’un réseau de 55 diététiciens libéraux. Une bonne nouvelle puisque de tels soins ne sont pas remboursé par la sécurité sociale. S’ils souhaitent prolonger la démarche, les jeunes patients doivent verser 30 euros de leur poche pour les deux consultations suivantes. Celles-ci permettent d’établir un diagnostic diététique, donner les bases d’une bonne alimentation et évaluer les risques auxquels l’étudiant pourrait être confronté. Le but de l’initiative ? « Créer dans le système de soins tel qu’il existe un espace pour la pré-ven-tion », insiste Nicolas Dion, président de la Smerep. Pour la mutuelle, l’enjeu est de taille. En 2004, 5,5% des étudiants franciliens vus en consultation de prévention présentaient un surpoids. Autre constatation : environ un étudiant sur trois saute son déjeuner une fois par semaine et plus d’un tiers des étudiantes entreprennent un régime. La plupart du temps, sans raison.
Rens. 08.26.00.44.46
7e SEMAINE DE L'ÉQUILIBRE ALIMENTAIRE
Et si le RU devenait le temple de la « diet-attitude »? C’est en tout cas l’objectif de la Semaine de l’équilibre alimentaire. L’évènement, organisé par les Crous et les mutuelles étudiantes régionales, se tiendra du 13 au 17 mars prochain dans 75 restos universitaires en France. Menus équilibrés et astuces nutritionnelles seront proposés aux étudiants. C’est aussi l’occasion d’envisager la cuisine de manière ludique avec le jeu « Equilibre ton plateau, c’est gagné ». Une fois constitué, le plateau est analysé puis jugé équilibré ou pas. Les incollables se verront récompensés d’un frugal trophée : une bouteille d’eau ou un fruit !
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