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Société
Le regard d'un diététicien
Kate Tardieu : «Pas de dictature des fruits et légumes»

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Propos recueillis par Stéphanie Trastour, 06 mars 2006
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Katia Tardieu est diététicienne et membre du réseau « consultation diététique pour les étudiants » lancé par la Smerep.

FIGARO ETUDIANT.- En dehors de la « consultation diététique », les étudiants font-ils partie de votre clientèle ?
Katia TARDIEU.-
sont assez minoritaires. Je dirais qu’ils représentent environ 15% de mes patients.

Pourquoi viennent-ils consulter en général ?
La plupart viennent pour des problèmes de poids, avérés ou non. Mais chacun mérite une écoute. Derrière un « je veux maigrir », il y a parfois des choses qu’on ne peut pas négliger. Par ailleurs, je note que la demande des étudiants se modifie depuis quelques années. Au-delà du désir de mincir, ils consultent de plus en plus pour savoir comment améliorer leur comportement alimentaire. Cela prouve que les campagnes gouvernementales de prévention, comme le Programme national nutrition santé (PNNS) et les actions menées par les mutuelles étudiantes ont eu un impact.

Certains présentent-ils de réels troubles de l’alimentation ?
Une petite partie de la population étudiante présente des pathologies type boulimie, anorexie. Mais ce sont des maladies mentales, donc nous les réorientons vers des psychiatres, des psychologues ou vers le milieu hospitalier. Quant aux maladies liées aux mauvaises habitudes alimentaires comme l’obésité, le diabète, les cancers ou les problèmes cardiovasculaires, elles touchent peu les jeunes. Les diététiciens ont avant tout un rôle préventif auprès d’eux.

En quoi pèche l’alimentation des étudiants ?
Par où commencer ? Ils sautent des repas, ils grignotent, mangent vite, boivent des sodas, ne savent pas faire la cuisine…Après, tout dépend du contexte : si l’étudiant habite encore chez ses parents, son alimentation a tendance à être meilleure. C’est quand il y a rupture avec le milieu familial que les choses se gâtent. Ceux qui n’ont pas les bases ne savent pas s’organiser en fonction de leur temps et de leurs contraintes financières.

Quels types de conseils leur donnez-vous ?
Je n’interdis rien ! Il ne faut surtout pas rentrer dans le schéma restriction/frustration/compulsion qui bride le plaisir alimentaire. L’idée du diététicien qui interdit et punit est une vision archaïque du métier. Au contraire, nous sommes là pour aider le patient à faire des choix, tout en gardant cette part de plaisir. Et, bien sûr, lui donner des bases.

Quelles sont ces bases ?
Manger assis, trois fois par jour, dans des quantités adaptées, et stopper le grignotage. Il n’y a pas de dictature des fruits et légumes, mais nous incitons à leur consommation surtout si elle est inexistante. Il faut manger de tout en ne supprimant aucun groupe d’aliments, que ce soit les produits laitiers, les viandes, les féculents, les, légumes, les matières grasses et les produits sucrés. Par exemple, un sandwich jambon/fromage, accompagné d’un fruit, est un repas tout à fait équilibré, contrairement aux idées reçues !

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