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Sport
La boxe française, nouveau sport de filles
Million dollar babies

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Maïté Sélignan , 21 mars 2005
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La boxe ne fait plus peur aux filles. Loin des clichés de violence et de montées de testostérone, les étudiantes apprécient la boxe pour ce qu'elle est : un sport complet. Car la boxe ne fait pas que développer la musculature. Après quelques mois d'entraînement, les sportifs en herbe reconnaissent avoir acquis une meilleure souplesse, de meilleurs réflexes, une meilleure coordination, un meilleur tonus musculaire, plus d'assurance, et surtout des calories en moins !

Les jeunes femmes l'ont bien noté. Dans le club d'Olivia, étudiante en histoire de l'art, le nombre de filles est passé de quatre à vingt en l'espace d'une année. Elle-même a choisi la boxe «parce que ça ne coûte pas cher, que l'équipement est réduit et que ça défoule vraiment». Le prix est une des raisons qui poussent les étudiantes vers ce sport. Avec une paire de gants, un protège-dents et des chaussures, Olivia n'a pas eu à débourser trop pour monter sur le ring. Le reste de l'équipement n'est pas obligatoire. Sans compter qu'elle retrouve ses baskets de boxe, montantes et lacées, dans la plupart des vitrines des boutiques de prêt-à-porter... Mais les filles apprécient en premier lieu le côté physique et tonique de la boxe. Sur le ring du gymnase de l'université Dauphine, Magali, essoufflée et des gants rouges aux poings, lance : «Cela change de la danse ! Au début, j'avais peur de prendre des coups, mais, finalement, ce n'est pas si violent.»

De manière générale, les filles se tournent vers la boxe française : «Dans mon cours, j'ai 80% de filles, explique Mohamed Grigi, professeur de boxe française à Paris-III. Elles préfèrent la boxe française parce que l'usage des pieds rend la chose plus esthétique. Cela s'apparente à une danse, un peu comme le tai-chi-chuan. Au début, elles ont un peu peur de prendre des coups sur le nez mais elles se rendent vite compte que ce n'est pas dangereux. Elles veulent surtout se dépenser, mais également montrer qu'elles peuvent faire du sport de combat comme les garçons. Elles préfèrent aussi la boxe française à cause de la tenue : une pièce moulante, près du corps. C'est plus esthétique qu'un vieux short.»

Sur le ring de l'université Dauphine, les étudiantes n'ont pourtant pas l'air de se soucier de leur apparence. Elles suivent un cours mixte et les échauffements aussi bravement (et même plus consciencieusement !) que leurs camarades masculins. Gentiane, étudiante en DESS Gestion des institutions culturelles, termine gracieusement une série d'abdominaux : «Je trouve ce sport très agréable. Cela nous donne un sentiment de maîtrise et plus d'assurance.» Une impression confirmée par les professeurs : «Beaucoup d'anciennes étudiantes reviennent nous voir en nous disant qu'elles ont acquis, grâce à la boxe, des outils pour le monde professionnel, explique Bruno Naidon, professeur d'EPS à Paris-XIII. Ce sport les a aidées à être plus en confiance sur le plan psychique. On parle beaucoup de self-défense, mais ce n'est pas leur première motivation pour pratiquer ce sport.»

«Je fais aussi de la boxe pour pouvoir me défendre, raconte Haquina, étudiante en éco-gestion, mais ce n'était pas ma première intention». «C'est bien que je puisse me défendre si on m'attaque, renchérit Aurélie, jolie blonde de 22 ans, étudiante en DEA de sciences de gestion. J'aime apprendre à me battre. Ce sport a l'air d'être individuel, mais c'est très collectif. Il faut être à l'affût de ce que l'autre va tenter, ce qui va influer sur la riposte.»

Comment, alors, se comportent les filles sur un ring ? La plupart sont d'accord pour dire que les garçons sont souvent moins offensifs avec elles que dans un combat unisexe. «Quand ils combattent avec une fille, les mecs font plus attention», raconte Gentiane. «En cours d'année, ce sont souvent les filles qui deviennent les plus virulentes, explique Mohamed Grigi. Elles prennent confiance et sont plus agressives que les garçons. Entre elles, elles ont du mal à tolérer une attaque qui ne s'est pas faite dans les règles.»

Rens. : Fédération de savate-boxe française : 01.53.24.60.60 ou www.ffsavate.com et auprès des services sports de vos écoles et universités.

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