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Faire de Labiche une comédie musicale décalée, voire second degré ? Pourquoi pas !
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Théâtre
«Une chaîne anglaise», d'Eugène Labiche, au Théâtre 14
Ils sont fous, ces Anglais !

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Maïté Sélignan , 09 février 2005
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Faire de Labiche une comédie musicale décalée, voire second degré ? Pourquoi pas ! Le propos n'en est que plus actuel, plus amusant. Jean-Paul Tribout s'est adjoint les services d'Olivier Holt pour composer des chansonnettes qui rythment, au piano, les coups de théâtre, quiproquos, courses-poursuites et états d'âme des personnages d'Une chaîne anglaise. Et cela fonctionne comme sur des roulettes, malgré les voix qui peinent un peu, particulièrement celles de ces dames.

Ainsi le riche Doublemard chante à sa fille Louise le bonheur d'épouser son ami Charançon qui «n'est plus jeune et ressemble à un jockey anglais», alors que celle-ci crie son désarroi de ne plus avoir de nouvelles de son premier époux, un officier britannique parti sans laisser de traces avant même de consommer le mariage. C'est en réalité le père qui a fait croire à sa fille que le bellâtre l'a abandonnée. Doublemard a bien évidemment caché à son futur gendre l'existence de ce lien. Or c'est le jour des noces que le premier mari réapparaît, bien décidé à reconquérir Louise. S'ensuit une chasse effrénée entre Paris, Boulogne-sur-Mer et Londres. But avoué des deux maris : être le premier à ravir le pucelage de la double-épousée ! Bref, une intrigue comme Labiche sait les faire : impossible à raconter.

Jean-Paul Tribout, lui, aime les personnages marqués, drôles, rocambolesques. Doublemard est un fanfaron libidineux, ennemi des «Rosbeefs» devant l'éternel, la fille, une cruche façon «Minute blonde» de Canal +, tandis que le mari anglais se prend pour Pascal Sevran au micro, le coude sur le piano. Un vrai défilé de personnages comiques, entre John Cleese et Tex Avery, sans rien trahir de l'esprit Labiche. La musique originale est allègre, les costumes amusants et le décor léger et coloré. Ce qu'il fallait, donc, pour redécouvrir une des très nombreuses pièces de Labiche, rarement montée.

Une chaîne anglaise, d'Eugène Labiche, mise en scène de Jean-Paul Tribout, avec Henri Courseaux, Léa Gabriele, Emmanuel Dechattre... Jusqu'au 26 février, les mardis, mercredis, vendredis et samedis à 20 h 30, jeudi à 19 heures, samedi à 16 heures, au Théâtre 14, 20, av. Marc-Sangnier, Paris-XIVe. M° Porte-de-Vanves. Tarifs : de 10 à 22 €. Location : 01.45.45.49.77.

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